Phoques et morses oubliés de la Prison des Baleines

Phoques barbus détenus à la Prison des Baleines

Phoques et morses oubliés de la Prison des Baleines

Les phoques et les morses sont les grands oubliés de la Prison des Baleines. Ils ne seront jamais libérés et s’en iront mourir au fond de quelque bassin crasseux d’un delphinarium chinois…
Lorsqu’en 2018, le public stupéfait découvrit les 11 orques et les 90 bélugas de la prison des baleines, l’information filtra qu’il s’y trouvait aussi des phoques et des morses emprisonnés. Hélas pour les pinnipèdes, leur cote de popularité ne vaut pas celle des cétacés. Aussi les oublia-t-on dans leur coin de hangar, tandis que les activistes russes et les experts internationaux se battaient becs et ongles pour faire libérer les orques et les bélugas, avec les résultats mitigés que l’on sait.

Aujourd’hui, nous apprenons que 6 morses, 9 phoques barbus et 50 phoques tachetés avaient été capturés en 2018 puis enfermés à la «prison de Baleine». La plupart disposent déjà des permis du gouvernement russe pour être vendus dans un premier temps à la société Tianjin Polar Tourism Co., Ltd., qui dessert les parcs thématiques chinois.

Après avoir passé plus d’un an dans le hangar sordide que l’on voit sur les images ci-dessus, nos malheureux pinnipèdes passeront donc dans l’entrepôt central de la Tianjin Polar Tourism Co. avant d’être redistribués dans différents delphinariums dépendant du même groupe commercial.
Car Tianjin Polar Tourism Co., Ltd. fait partie d’un groupe. Ou plutôt d’un holding particulièrement monstrueux, la Haichang Ocean Park Holdings Ltd. Il s’agit là du plus important promoteur de «parcs océaniques» en Chine, mais c’est aussi un promoteur immobilier qui construit et exploite six delphinariums géants situés respectivement à Dalian, Qingdao, Chongqing, Chengdu, Tianjin, Wuhan et Yantai, deux parcs d’attractions complets ainsi que trois grands complexes de parcs à thème, les Shanghai Haichang Ocean Park, Sanya Haichang Fantasy Town et Zhengzhou Haichang Ocean Park.

«Avec plus de 20 ans d’expérience dans l’élevage et la conservation des animaux, le développement et l’exploitation de parcs à thème marins, la Société a été classée parmi les dix principaux exploitants de parcs à thème dans le monde entier pendant dix années consécutives. Ces parcs fournissent un guichet unique pour le tourisme, le divertissement, les loisirs, la restauration et de shopping à ses clients à la fois, tant par ses offres « inpark » que par les services complémentaires offerts par les services commerciales adjacentes aux parcs à thème chinois.
L’industrie des parcs de loisirs possède un énorme potentiel de croissance et 
les parcs à thème de la société ont eu plus de 120 millions visiteurs depuis 2002».

Voilà qui est certes réjouissants pour les financiers chinois, mais qu’en est-il de nos morses et de nos phoques ?
Ici aussi, ils sont un peu au bas de l’échelle des attractions, mais très présents partout, car apparemment, le public chinois les trouve «mignons». Du moins quand ils restent présentables.
Quand ils ne sont plus, eh bien, on les cache dans l’ombre d’un ultime hangar, en attendant qu’ils guérissent ou qu’ils meurent.
Bref pour ces pinnipèdes russes qui nageaient il ya un an dans les eaux glacées de la mer d’Okhotsk, la vie risque d’être bien différente une fois parvenus dans leur nouveau «logis»…

Phoques à Grandview Park. Photo CCA

 

Morse au Grandview Park Photo CCA

Morse au Grandview Park Photo CCA

 

Phoque tacheté au Granview Park. Photo CCA

 

Morse au Shenzhen Xiaomeisha Ocean World. Photo CCA

Phoques au Shenzen Safari Park. Photo CCA

Morse au Shenzen Safari Park. Photo CCA

 

Phoque à fourrure au Fenjiezhou Island Ocean-Park. Photo CCA

 

Phoque aveugle au Nanchang Ocean Park. Photo CCA

Les orques et les bélugas sont partis.
Mais il reste les morses et les phoques, les grands oubliés de la Prison des Baleines. Ceux-là n’ont plus aucune chance d’être jamais libérés, car ils ont déjà été vendus !
Ils vont donc s’en aller mourir à petit feu au fond de quelque bassin crasseux d’un delphinarium chinois, où nul ne survit longtemps.
A l’heure où le patron du Zoo de Beauval, emporté comme un yorkshire dans les bagages du Président de la République française, s’en va pleurer dans le giron des autorités chinoises pour avoir le simple droit de conserver encore dix ans ses deux pandas si lucratifs, ne pourrait-il dire un petit mot pour eux et insister aussi sur le fait que la Chine devrait arrêter de dépouiller la planète de ses derniers animaux sauvages, dauphins, bélugas, orques, éléphants…et pinnipèdes ?

15 novembre 2019

Il faut libérer les bébés morses !

Il reste encore des morses à la Prison des Baleines. Free Russian Whales lance un appel pour les sauver d’une mort atroce  dans les aquariums chinois. 

En 2018, dans le village d’Enurmino, en Tchoukotka, Sochi Dolphinarium LLC et Oceanarium DV LLC ont capturé 6 petits morses âgés de 7 à 9 mois. Ils ont été transportés dans la baie de Srednaya, où ils se trouvent maintenant dans un hangar rouillé, sans accès au soleil. On entend leurs pleurs depuis le hangar rouillé, mais on ne sait pas si tous les 6 bébés sont là-dedans aujourd’hui.

La coalition «Free Russian Whales» analyse la légalité de la capture et de la détention de morses, ainsi que les moyens légaux de les confisquer aux ravisseurs et de les relâcher dans leurs habitats.  Un membre de la Coalition Sofia Belyaeva @center_orcinus a déjà accompli beaucoup de travail dans ce sens. Nous disposons donc d’un certain nombre de documents émanant d’agences gouvernementales.⠀

Nous avons consulté des spécialistes en morse et avons obtenu un pronostic positif – contrairement aux orques et aux bélugas, les morses ont des compétences instinctives plutôt que des comportements alimentaires acquis. Même en captivité, ils démontrent ces compétences.

Il est dangereux de relâcher des morses de moins de 2 ans dans leur habitat. Ils ne peuvent pas survivre car ils boivent encore du lait et ne peuvent pas se nourrir eux-mêmes. Mais après 2 ans, quand ils passeront à la nourriture « adulte », ils seront capables de survivre si nous essayons de les libérer directement non loin d’un groupe de morses.

Pour les aider à retrouver leur habitat et augmenter leurs chances de survie, ils doivent être réhabilités – et pour ce faire, les morses doivent être confisqués à la « prison de morses ». Le centre de phoques de Primorye est prêt à accepter les petits pour leur réadaptation.

Nous avons étudié de nombreuses informations et préparons des appels aux organismes chargés de l’application de la loi pour résoudre le problème des saisies de morses. Nous contacterons également le Conseil des mammifères marins pour élaborer des recommandations sur la libération des morses dans la nature.

Ru|EnО МОРЖАХ В БУХТЕ СРЕДНЕЙКитов освободили, теперь очередь моржат!Друзья, много вопросов поступает от вас про…

Posted by Свободу Косаткам и Белухам – Free Russian Whales on Wednesday, November 13, 2019


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