Razzia sur les esclaves et captures à Taiji



Violence , punitions, peur, faim, désespoir finissent par briser le caractère de l'esclave et le rentre docile.
Violence , punitions, peur, faim, désespoir finissent par briser le caractère de l’esclave et le rentre docile.

Razzia sur les esclaves et captures à Taiji

Les razzias menées sur les esclaves humains jusqu’à la fin du XIX siècle, ressemblent à s’y méprendre aux captures actuelles de dauphins dans la baie de Taiji, au Japon. Derrière ces chasses, ces rabattages, ces sélections et ces dressages, se profile dans les deux cas l’ombre d’une puissante industrie qui s’enrichit en infligeant à des personnes libres le joug odieux de la servilité.

Ever Wonder Where Dolphins in Marine Parks Come From?

A reminder to those who still buy tickets to dolphin shows. They don't come willingly. The captive dolphin you see was either violently ripped away from their family (like this one was today) or they're the offspring of one who was.Please encourage your friends to #SayNoToTheDolphinShow.Check out our resources at bit.ly/2OOk2wH and become a #DolphinDefender.

Posted by Ric O'Barry's Dolphin Project on Tuesday, November 26, 2019

 

Le 6 novembre dernier, une fois encore, 18 dauphins Tursiops ont été capturés puis enfermés dans la baie durant toute la nuit avant d’être sélectionné à l’aube sous le regard glacial d’une dresseuse experte et retirés des filets, non sans mal.

«Les plongeurs se sont lancés au-dessus des dauphins, pour attraper leurs nageoires dorsales et leur rostre et les guider vers les pêcheurs sur les chaloupes, prêts à les entraver avec leurs filets.
Un plongeur a même saisi un dauphin par la queue et alors qu’il tenait bon sa prise, il a reçu un coup de caudale du dauphin en pleine face qui l’a envoyé en arrière comme une poupée de chiffon. Mais le plongeur n’a pas lâché, l’eau bouillonnait d’écume soulevée par les coups de queue et les plongeons des ravisseurs. Les dauphins nageaient désespérément en tous sens, essayant de fuir les plongeurs.
Un par un, pourtant, les grands dauphins ont été retirés de l’eau pour être inspectés.

À travers une brèche dans les bâches dissimulant la plage, nous avons pu voir comment chaque dauphin était soigneusement mesuré et ausculté avant que les dresseurs ne se décident à choisir. Quand un dauphin était jugé suffisamment attractif pour le marché des delphinariums, on le plaçait sur une civière que l’on accrochait au flanc du bateau.

L’ensemble de ces opérations a duré plus de deux heures avant que dix dauphins soient jugés dignes des exigences des experts en dressage.
Deux skiffs ont alors quitté la crique avec quatre dauphins, pour se diriger directement vers les enclos du port.
Ensuite, deux autres skiffs sont partis avec chacun un dauphin – l’un est allé aux enclos du port et l’autre à Dolphin Base dans la baie de Moriura. Notre équipe a localisé les dauphins nouvellement capturés dans leurs enclos respectifs et continuera à surveiller leur état de bien-être ».

Les neuf dauphins restants, en ce compris des juvéniles, ont été repoussés en mer, quelques-uns portant des balises satellites blanches. Ce dispositif permettra de repérer le groupe une fois que les juvéniles auront grandi, et de le re-capturer.

Une balise a été fixée sur l'aileron de ce dauphin relâché, pour pouvoir observer ses dépalcements et le retrouver lors d'une prochaine razzia sur les esclaves à Taiji
Une balise a été fixée sur l’aileron de ce dauphin relâché, pour pouvoir observer ses dépalcements et le retrouver lors d’une prochaine razzia sur les esclaves à Taiji

Razzia d’esclaves et capture de dauphins

Voilà donc une razzia typique. Non pas une pêche ni même un chasse, disions-nous, mais bien une razzia d’esclaves menées par des hommes de main sans scrupules au service de grands patrons d’industrie.
Partant du fait avéré scientifiquement, que le dauphin est aussi proche de nous par la puissance de ses capacités cognitives que le chimpanzé peut l’être au niveau génétique et comportemental et sachant par ailleurs que ce cétacé dispose d’une pleine conscience de soi, porte un nom propre, s’exprime dans un dialecte propre à sa tribu et voue à sa famille un amour inconditionnel, il est pertinent d’oser comparer le sort des dauphins de Taiji et celui des esclaves victimes de la Grande Traite menée en Afrique par les occidentaux.

Que les descendants de victimes de l’esclavage ne crient pas au scandale
: la comparaison avec les dauphins est flatteuse, et leur art du vivre-ensemble devrait d’ailleurs nous inspirer tous.

Les esclaves africains étaient capturés dans leur village lors de violentes razzias puis ramené vers la côte, où les attendait un bateau négrier

Capture et sélection des esclaves humains

« Le capitaine utilise une chaloupe pour gagner la côte où l’attendent les intermédiaires locaux. (…)
Le marché s’ouvre à proximité immédiate du rivage. Les esclaves sont présenté »s enchaînés,. Ils ont été razziés fort loin , dans la forêt ou dans la brousse, parfois à ces centaines de kilomètres à l’intérieur des terres et ont donc déjà accompli un long voyage à pied, attachés les uns aux autres par des sortes de fourches qui leur enserrèrent le cou. Il n’est rare non plus qu’on leur entrave les pieds, afin de les empêcher de s’enfuir.

Le chemin des esclaves humains ou cétacés vers leur destination finale est semée de souffrances et de morts.

Le marché lui-même donne lieu à d’âpres discussions. Nus, soumis à un examen physique impitoyable de la part de l’acheteur – les yeux et les dents font l’objet d’une attention particulière – les esclaves ne sont pas vendus séparément mais par lots de trois ou cinq individus ; cette pratique permet au vendeur « d’écouler » les fillettes, les adolescents et les malades en même temps que les adultes en bonne santé.
Dès qu’un esclave est acheté, il est marqué au fer rouge. (…)

Une fois capturés, les esclaves sont examinés pour s’assurer qu’ils correspondent aux critères de l’Industrie de la captivité et du travail forcé

Lorsque le négrier est plein, commence enfin le « grand passage ». La traversée n’est pas seulement éprouvante en raison des tempêtes et de la piraterie. Elle est particulièrement éprouvante pour les esclaves, toujours nus – pour éviter la vermine – et entassés comme du bétail das les cales des navires.
Jour et nuit, les esclaves demeurer allongés, enchaînés deux par deux dans un espace mal aéré dont la hauteur au plafond dépassé à peine un mètre. Pour gagner de la place, on les force à dormir sur le coté. Dans la journée, on les fait monter à tour de rôle sur le pont pour les nourrir et tous les quinze jours, pour leur raser le crâne.
Leurs rations d’eau et de nourriture (bouillons de riz et de manioc) sont à la fois monotones et réduites au minimum. De temps à autre, sous l’œil vigilant de l’équipage, on leur enlève momentanément leurs chaînes afin de les obliger à courir ou à danser au son d’une musique jouée par les matelots. On espère de la sorte les maintenir en vie ».

In « Une histoire de l’esclavage »

Sauter, danser, faire de l’exercice sous la conrainte de la faim et de la peur
Entassés sous le pont d’un bateau, les esclaves son emmenés vers leur lieu de servitude
Entassés dans la soute d’un avion cargo, les esclaves son emmenés vers leur lieu de servitude

Esclaves humains, esclaves  dauphins

Tout y est : les razzias, la sélection, le transport vers des centres de dressage et les danses forcées supposées bonnes pour la santé de l’esclave.
Il s’agit dans les deux cas de peuples premiers, les uns humains, les autres cétacés, vivant en tribus distinctes que l’on vient capturer au fond de la forêt ou au large pour les arracher à leur pays natal, au prétexte qu’ils ne sont pas des personnes à part entière.
Ces peuples de l’océan ou de la forêt n’en disposent pas moins de riches légendes, de traditions, et dune profonde sagesse née de la fusion de l’individu avec l’univers qui l’entoure. et d’une grande efficience dans le milieu qu’ils occupent. Bien entendu, la consciendu dauphin, fondée sur un monde subaquatique essentiellement sonore, est profondément exotique  par rapport à celle des grands primates que nous sommes. Mais le désespoir est une émotion universelle.

Sitôt les esclaves humains capturés, leurs traditions sont détruites, les groupes ethniques sont séparés tandis que  s’impose une culture unique et brutale : celle de la soumission.
Restrictions alimentaires savamment étudiées, punitions, récompenses, coups, isolement disciplinaire, les méthodes sont les mêmes pour tout le monde.


Esclaves humains et esclaves dauphins sont tous profondément attachés à leur famille, leurs amis, leur tribu.

Leur souffrance est atroce quand on les en sépare ou qu’on tue sous leurs yeux des êtres chers. Des années plus tard ils les chérissent encore dans leur mémoire et se souviennent de leur bonheur perdu. Si par miracle, ils venaient à se retrouver, ils se jetteraient dans les nageoires ou dans les bras l’un de l’autre.

Une fois sur le champ de coton ou dans le bassin du delphinarium, les esclaves deviennent un objet meuble comptabilisé dans le patrimoine de leur propriétaire. Celui-ci les nourrit et les soigne en échange d’un travail forcé. En retour, les esclaves n’ont plus aucun droit. Ils ne peuvent plus prendre de décision personnelle, ils ne peuvent plus s’associer à leur guise, choisir leur partenaire : leur existence est totalement contrôlée par leur maître de la naissance à la mort, que l’euthanasie peut accélérer.
Car lorsqu’ils naissent dans le champ de coton ou le bassin du delphinarium, les enfants devienne automatiquement des esclaves, dont on fait ce qu’on l’on veut.

Enfin, lorsqu’on les relâche, beaucoup de ces anciens esclaves se montrent incapables de se détacher de leurs maîtres. Après l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, nombre d’entre eux sont restés dans leur plantation.
De même, lorsqu’ils sortent de leur cachot aquatique au terme d’une trop longue servitude, certains dauphins sont incapables de quitter les humains.

Concluons avec Thomas I. White introduisant son livre
In Defense of Dolphins, the New Moral Frontier

« Ce livre soutient que les dauphins ont des capacités intellectuelles et émotionnelles suffisamment sophistiquées pour qu’on leur accorde un statut moral. Ils devraient donc au minimum être considérés comme des « personnes non humaines ».
Quant aux relations hommes-dauphins (caractérisées par la mort et les blessures infligés à de nombreux dauphins, dommages directement liés à l’industrie de la pêche et à l’utilisation de dauphins captifs par l’industrie du divertissement, pour des visées thérapeutiques ou à des fins militaires) elles sont dès lors indéfendables d’un point de vue éthique.

En conséquence, ce livre jette les bases de l’affirmation selon laquelle les relations actuelles entre hommes et dauphins sont, en fait, équivalentes aux relations entre hommes blancs et esclaves noirs, il y a deux siècles ».

Un dauphin esclave n’a que le droit d’obéir

Défendre les dauphins : la nouvelle frontière morale

Fermes à dauphins dans la mer intérieure de Seto


Razzia sur les esclaves et captures à Taiji

log in

reset password

Retour à
log in