Sanctuaire en Islande : les bélugas attendent le printemps



Dans leur sanctuaire en Islande, les bélugas de Shanghai attendent le printemps

Sanctuaire en Islande : les bélugas attendent

Dans leur sanctuaire en Islande, les bélugas de Shanghai attendent le printemps. Plus pour longtemps, si tout va bien. Dès ce printemps, ils rejoindront enfin les eaux foires de leur crique et découvriront un monde qu’ils avaient perdu depuis l’enfance.
Depuis 2012, sous les critiques et les ricanements, Merlin Entertainments n’a cessé de pousser le projet avec l’aide, également contestée, de la Whale and Dolphin Conservation. Aujourd’hui nous y sommes presque et c’est une étape historique que nous allons franchir. Dès lors que Little White aet Little Gray s’adapteront à leur nouvel environnement, le signal sera lancé à tous les bélugas captifs dans le monde : « Votre sanctuaire est ouvert. Et il y a encore de la place ! »
Puissent les « propriétaires » légaux de ces esclaves à la vie morne et raccourcie, entendre eux aussi cet appel.

Le premier sanctuaire de cétacés au monde

D’après l’article A Tale of Two Whales 

Il y a dix ans, deux jeunes bélugas ont été capturés au large des côtes arctiques de la Russie puis emmenés en captivité. Tout d’abord, ils ont été envoyés dans un centre de recherches côtier, probablement la Prison des Baleines.
Ensuite, ils ont été vendus à un parc marin en Chine. Là, ils ont été entraînés et exploités pour le divertissement, et la vie de ces deux bélugas – à l’instar de celle des milliers d’autres cétacés actuellement en captivité – semblait sombre et sans espoir.
Mais leur destin a changé. Une décennie plus tard, nos deux baleines blanches, nommées Little White et Little Grey, sont devenues des pionnières célèbres, ou même des «ambassadrices», comme les décrit Andy Bool, chef de l’organisation Sea Life Trust. Parce que bientôt, elles retrouveront la mer.

Sea Life Trust est le partenaire caritatif de Merlin Entertainments, une société basée au Royaume-Uni bien connue pour ses attractions de divertissement, notamment les musées de cire de Madame Tussaud, les parcs Legoland et d’autres parcs à thème à travers le monde. Les cétacés captifs n’ont jamais fait partie de l’idée de divertissement aux yeux de cette société.

En 2012, Merlin s’est porté acquéreur du Changfend Ocean World à Shanghai, où se trouvaient Little White et Little Grey, et s’est promis de mettre fin au spectacle de bélugas. Grâce à un partenariat avec la Whale and Dolphin Conservation, le plan fut rapidement conçu de « trouver une solution alternative pour Little White et Little Grey », explique Andy Bool, « Il fallait les sortir de là, leur trouver un environnement plus naturel. »

Il y a dix ans, deux jeunes bélugas ont été capturés au large des côtes arctiques de la Russie puis emmenés en captivité à Shanghai. Photo Sea Life

Mais la tâche n’a pas été ni rapide ni facile. Little White et Little Grey étaient détenus en captivité depuis tant d’années qu’ils ne pouvaient pas être simplement libérés.
Les recherches s’orientèrent donc sur l’emplacement idéal pour construire le premier sanctuaire de bélugas en haute mer au monde.
«Nous avions besoin d’un environnement qui correspondrait de très près à celui dont les bélugas sont originaires», continue Bool, «mais aussi d’un espace abrité afin de leur fournir un espace sûr.»
Il fallait également un emplacement permettant la construction d’un établissement de soins avec piscines « un lieu pour mettre les animaux en quarantaine lorsqu’ils arrivent au sanctuaire, et pour offrir aussi un autre espace sécurisé si, pour une raison quelconque, ils rencontraient des difficultés ou tombaient malades. »

Après quatre longues années de recherche, l’endroit parfait a finalement été trouvé, au large de l’île islandaise de Heimaey, dans la baie de Klettsvik.
La baie, s’enchante Andy Bool, couvre une superficie de 32.000 mètres carrés, ce qui est environ 30 fois plus grand que le bassin des bélugas à Shanghai. Sa profondeur et de plus dix mètres par endroits et elle est entourée des trois côtés par des falaises, qui le protègent des pires tempêtes ! Cela nous a également permis de séparer cette partie de la baie de l’océan à l’aide d’un filet, afin de créer un espace sûr.»
Et pour couronner le tout, il y avait aussi de la place pour notre indispensable établissement de soins nécessaire, à 1400 mètres de la baie, « soit sept minutes en bateau. » conclut Bool.

Cet établissement est l’endroit où se trouvent aujourd’hui Little White et Little Grey.
Après leur incroyable voyage depuis la Chine, qui a duré plus de trente heures de vol, elles ont rejoint leur île l’été dernier. Les deux bélugas sont toujours mis en quarantaine et s’acclimatent lentement à ce qui va suivre : leur prochain et dernier mouvement, le retour à l’océan au printemps prochain.

«Comme ils ont été détenus pendant des années dans un espace couvert et dans une eau plus chaude», explique Bool, en parlant du delphinarium de Shanghai, «leur couche de graisse n’est pas assez importante pour affronter un climat froid.
Aussi les nourrit-on avec plus de poissons de différentes variétés qu’ils mangeraient à l’état sauvage, dans le but de développer cette couche importante. Ils apprennent également à augmenter leur endurance, à nager davantage et à passer plus de temps sous l’eau en retenant leur souffle. La température de l’eau diminue également lentement pour atteindre ce à quoi ils peuvent s’attendre à l’extérieur, dans l’océan ».

« Ils agissent comme des bélugas », remarque Bool avec fierté.
«Ils sont curieux, ils interagissent bien entre eux et veulent toujours être occupés. Lorsqu’ils seront dans la baie, ils auront la possibilité d’explorer ses fonds et ils verront des choses qu’ils n’ont plus vues depuis leur enfance.»

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L’espoir, bien sûr, est que l’histoire de Little White et Little Grey ne soit que le début d’une plus grande aventure.
Comme le fait remarquer Bool, «deux cétacés ne font pas un sanctuaire». Une fois qu’elles seront déplacées dans la baie, le comportement des deux bélugas sera étudié pour voir comment ils s’adaptent et, finalement, pour savoir si cette expérience peut être appliquée à d’autres cétacés en captivité.
«Bien que Little White et Little Grey soient au cœur de nos préoccupations actuelles et de notre souci de leur fournir une vie naturelle alternative», dit Bool, un autre objectif est de «démontrer que cela peut être fait» et de «montrer les changements positifs que la vie dans un sanctuaire apporte à ces bélugas ».
Bool appelle Little White et Little Grey des « ambassadeurs » délégués par les 300 autres bélugas en captivité à travers le monde, » et plus largement que cela, les 3000 cétacés.  »

Construire le premier sanctuaire de baleines blanches au monde pose de nombreux défis, «mais cela apporte également de nombreuses opportunités de créer une méthodologie que d’autres pourront appliquer.»
Mais pour l’instant, Little White et Little Grey sont juste occupés à manger, nager et à se préparer à la dernière étape de leur voyage : la mer.

 


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