Surfer sur un dauphin, c’est fini pour SeaWorld



Bout par bout, morceau par morceau, SeaWorld est obligé de tailler toujours un peu plus dans ses programmes tradtionnels pour les faire paraître plus "naturels"
Bout par bout, morceau par morceau, SeaWorld est obligé de tailler toujours un peu plus dans ses programmes tradtionnels pour les faire paraître plus « naturels »

Surfer sur un dauphin, c’est fini pour SeaWorld

Surfer sur le dos d’un dauphin, se tenir sur son rostre, c’est fini pour SeaWorld.
Mais pour SeaWorld seulement, car partout dans le monde, le foot-push, le dolphin-riding et autres acrobaties aquatiques restent extrêmement très populaire. Y compris en Belgique, au delphinarium de Bruges !
Monter sur le dos d’un animal a toujours été le signe d’une domination claire. La première chose que les dresseurs ont fait avec une orque, c’est la chevaucher !

SeaWorld Entertainment vient de renoncer à l’un des tours favoris de ses spectacles, le surf sur le dos d’un dauphin ! Seront désormais bannis de la même manière le fait de se mettre debout sur les rostres de deux dauphins.
Cette décision intervient après qu’une campagne de près d’un an ait été menée par PETA pour convaincre la société d’interdire ces pratiques.


Dans une lettre adressée à la Securities and Exchange Commission des États-Unis, un avocat de SeaWorld explique que des actionnaires de PETA – qui détenait 163 actions de l’entreprise en décembre – ont proposé la suppression de ces spectacles de cirque.
SeaWorld Entertainment a déclaré par ailleurs qu’il « ne faisait plus de démonstration de surf sur les dauphins dans aucun de ses sites et qu’il prévoyait de supprimer progressivement les stations debout sur les rostres au cours des prochains mois, ceci malgré sa conviction intime qu’aucun de ces comportements ne nuisait aux animaux de quelque manière ».

La société a également déclaré qu’un seul de ses parcs – SeaWorld San Diego – autorisait toujours ses dresseurs à se tenir debout sur le rostre des dauphins.
SeaWorld, cependant, a rejeté l’affirmation de PETA selon laquelle sa décision avait été prise sous la pression du groupe activiste.
« SeaWorld fait évoluer en permanence ses présentations d’animaux pour créer la meilleure expérience pour les clients et pour nos animaux », a déclaré la société dans un communiqué. « En tant qu’installation zoologique accréditée de première classe, nous déterminons nous-mêmes e contenu et la forme de nos présentations, sans être influencé en rien par les actions de militants mal informés et qui semblent davantage préoccupés de se faire mousser dans les médias et de récolter des fonds que soucieux du bien-être animal ».

Depuis des années, la société fait face à une réaction du public à la suite du documentaire «Blackfish» de 2013, qui jette une lumière crue sur le traitement réservé par SeaWorld à ses orques.
En 2017, parant au plus pressé, la société avait mis fin à ses shows d’épaulards « spectaculaires et théâtraux » sur son site de San Diego pour les remplacer par de bien ennuyeuses séances pédagogiques.  Le SeaWorld d’Orlando l’a suivi récemment sur cette voie.

Bout par bout, morceau par morceau, SeaWorld est obligé de tailler toujours un peu plus dans ses programmes pour les faire paraître naturels. Les orques qui sautent devant un écran où d’autres orques sautent en mer libre, les dauphins qui font le tour du bassin à toute vitesse pour faire la preuve de la puissance de leur caudale restent néanmoins des esclaves sous contrainte.
La concession la plus importante que SeaWorld sera un jour contraint de faire, c’est de renoncer tout simplement à garder des cétacés dans des bassins de béton, loin de toute vie naturelle !

Ces cascades spectaculaires sollicitent la mâchoire inférieure très sensible de ces mammifères marins, au point d’endommager leurs muscles et leurs articulations.

Cela dit, cela se passe à Sea World et seulement à Sea World.
Partout dans le monde, se faire pousser par un dauphin ou monter sur son dos, parcourir un bassin en s’accrochant à sa nageoire, font partie des pratiques courantes de tous les delphinariums du monde. Mieux encore, tout un chacun peut s’y exercer, s’il paie le prix convenable. C’est l’une des grandes spécialités des centres de nage avec les dauphins au Mexque, aux Caraïbes, et même au Portugal.

Vite fait, un petit surf-riding pendant le spectacle « Moana Blue World » au Boudewijn Seapark de Bruges

A Bruges, les dauphins du delphinarium sont supposés ne plus se livrer qu’à des comportements naturels.
Pourtant au détour du spectacle Moana Blue World, qui vois-ton passer à toute vitesse dans les ténèbres bleutées ? Une dresseuse poussée aux talons par son dauphin dressé.

Or, comme le rappelait le dossier scientifique joint à la demande de PETA :
«La pratique consistant à faire se dresser les dauphins hors de l’eau et à leur faire porter tout le poids d’un dresseur sur le rostre ou le dos est particulièrement préoccupante » y déclare la docteure Heather Rally, vétérinaire de la PETA Foundation.
Nombre d’entre eux présentent en effet des plaies ouvertes sur cette partie du corps ainsi que des cicatrices, qui témoignent de lésions antérieures.
Même s’il est courant que les dauphins blessent leur rostre sur le béton nu des bassins, SeaWorld les oblige encore et toujours à exécuter ces numéros de cirque humiliants qui n’ont aucun sens pour eux ni la moindre valeur pédagogique pour le public assis sur les gradins. Ces cascades spectaculaires sollicitent la mâchoire inférieure très sensible de ces mammifères marins, au point d’endommager leurs muscles et leurs articulations.
Remplie de tissu adipeux qui permet normalement aux cétacés de percevoir les vibrations sonores sous-marines à travers l’os de la mâchoire, la mâchoire est une structure sensible indispensable à l’audition et à l’écholocation des dauphins. En infligeant un traumatisme régulier au rostre, ce genre de prestations fait souffrir les dauphins et peut finalement les rendre à moité sourds ».


Les dauphins de SeaWorld ne sont pas des planches de surf

Rencontre avec les orques au SeaWorld d’Orlando

Le delphinarium de Bruges sous le regard d’un ex-dresseur


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