Taiji: parfois, les globicéphales aimeraient mieux mourir 

Le sang des globicéphales rougit la baie de Taiji Photo @Dolphin Project

Taiji : parfois les globicéphales aimeraient mieux mourir

Lors de chasses à Taiji, parfois, certains globicéphales aimeraient mieux mourir plutôt que de subir la cruauté des hommes. Et tous les autres les suivent car dans cette société paisible et solidaire, chaque individu est aussi intensément lié à tous les autres que les doigts d’une même main.     
Une fois encore, la barbarie des pêcheurs japonais nous a fait voir de tels actes despérés dans l’eau rosie de sang de la Baie de Taiji, ce 16 septembre 2019. 

16 septembre, 12h35

Une vaste tribu de globicéphales noirs a été poussé dans la Baie de la Honte, ce matin.
Plusieurs leaders du groupe se sont échoués délibéremment puis en quelques minutes, plus de 50 globicéphales les ont suivi.
Beaucoup se sont jeté sur les rochers. Les chasseurs ne s’attendaient pas à cela et ils ont commencé à utiliser des barques pour essayer de repousser ces grands cétacés dans des eaux plus profondes. Beaucoup se sont pris dans des filets.

L’eau transparente de baie est devenue sanglante en quelques secondes. Il semble que les pêcheurs de Taiji vont retenir toute la famille durant la nuit dans la baie et commencer le processus de mise à mort demain matin. Les Cove Monitors vont rester avec eux.

Plus tard dans la journée, un tout jeune globicéphale blessé a été aperçu en train de tourner autour des filets.
Trop épuisé pour rejoindre sa famille, on suppose qu’il a fini par se noyer…

 

Taiji: LIVE in Taiji on day two of the Pilot Whale slaughter/captive selection, September 17, 2019 5:20am #dolphinproject

Posted by Ric O'Barry's Dolphin Project on Monday, September 16, 2019

Day 2 of Pilot Whale Slaughter and Capture: Sept. 17, 2019

Taiji: live in Taiji on day two of the Pilot Whale slaughter/captive Boats have returned to the cove. 2 died from the trauma of the last two days. They are being held for a second night. We will return before sunrise. TAKE ACTION: dolphin.fyi/HelpJapanDolphins September 17, 2019 5:20am #dolphinproject

Posted by Ric O'Barry's Dolphin Project on Monday, September 16, 2019

Le destin de ces paisibles globicéphales capturés le 16 décembre et détenus deux nuits dans la baie sanglante, sera de toutes façons celui que tant d’autres avant eux ont déjà subi dans l’horreur et l’incompréhension : pourquoi tant de haine à leur égard ? Pourquoi ce plaisir à faire souffrir leurs enfants ? 
C’est sans doute ce que se sont demandés les précédentes victimes du 11 septembre dernier, tandis qu’une tige de fer s’enfonçait dans leur crâne. …

Le massacre du 11 septembre

Hier, un groupe de globicéphales noirs a été chassé sans pitié pendant des heures, puis conduit dans les eaux peu profondes de la Baie de Taiji.
Une fois que les filets ont été largués et que leur destin a été scellé, les cétacés ont nagé en cercle serré, en se touchant les uns les autres.
On pouvait voir leur belle et grande matriarche nager avec eux, se frottant toujours contre des membres de sa famille. Sans nourriture ni abri, les chasseurs les ont laissé dans la baie toute la nuit.

Peu après le lever du soleil, des chasseurs de dauphins sont arrivés à la crique pour commencer leur journée de travail.
Les globicéphales nageaient encore étroitement les uns contre les autres, essayant de comprendre ce qui se passait. Les barques ont commencé à séparer la famille afin de commencer la sélection des individus à garder en captivité.
Les globicéphales étaient terrifiés. Le bruit de leurs cadales frappant l’eau est monté jusqu’à nous sur la colline alors que nous assistions à leurs dernières tentatives désespérées de liberté et de survie.
Huit d’entre eux ont été capturés pour une vie sinistre au delphinarium. Ils ne connaîtront plus jamais la liberté du large et devront désormais mendier et gagner leur repas.

Ce petit groupe de captifs a été laissé près du rivage de la baie jusqu’à ce qu’un bateau vienne les emmener.
Alors qu’ils étaient piégés et qu’ils attendaient, les pêcheurs ont commencé l’abattage de toute leur famille juste à côté d’eux.

Le processus de mise à mort a été long, sanglant et bruyant.
Les globicéphales se sont débattus contre l’eau alors qu’ils mouraient. Nous avons continué à diffuser cette horreur en direct, en regardant leur sang s’écouler sous les bâches. Les chasseurs ont massacré cette famille par étapes, probablement à cause de leur taille. Ils semblaient tuer trois ou quatre personnes à la fois, tandisque que les autres attendaient leur tour  dans une eau rouge du sang de leur famille. La belle  matriarche a été tuée puis emmenée à la boucherie.

Nous pouvions voir son cadavre flotter à la surface alors que le bateau se préparait à l’emmener…

Cove Monitors

Toute la sagesse et la bonté de cette matriarche n’ont pu sauver ses enfants ni ses petits-enfants. Pour le Japon, elle n’est qu’une pièce de viande. Photo @Dolphin Project

Parfois, les globicéphales aiment mieux mourir

Les suicides en direct ne sont pas rares lors des captures de globicéphales. Comme ce matin du 16 septembre, l’un d’eux choisit de fuir dans la mort plutôt que de tomber entre les mains des tueurs humains.  Mais c’est aussi le cas des cétacés qui se retrouvent séparés du groupe. A quoi bon fuir quand tous ceux que vous aimez souffrent et meurent devant vous ?

Le 5 mai 2011, toute une tribu de globicéphales s’est ainsi fait piéger dans la baie de Taiji.
Deux jours et deux nuits durant, les cétacés sont restés en éveil, entassés derrière ce filet. La terreur leur ronge le ventre, ils tentent en vain de se réconforter l’un l’autre, ils scrutent les mouvements de leurs bourreaux. Aujourd’hui, c’est l’heure du massacre.
Tous périront mais l’un d’eux se retrouve par hasard isolé du groupe, entre le filet et le rivage. Il ne pourra jamais mourir parmi les siens.

Alors il se tourne et se jette contre la paroi rocheuse. Et encore, et encore, il cogne son crâne contre la pierre.
Il n’essaye pas de s’échouer. Il n’est poursuivi par personne. Il se suicide.
Les tueurs n’ont même rien remarqué. Ils discutent entre eux, sans même un regard pour ces mères et ces enfants paniqués.

Mais deux puis trois de ses compagnons l’ont vu. Ils se collent au bord du filet pour regarder leur ami mourir.
Et encore et encore. Une fleur de sang s’épanouit autour de sa tête qui se perd dans l’eau rose. Le globicéphale finit par rouler sur le dos. Il meurt. Il coule. Le massacre commence…

Taiji, 16 septembre 2019. Rostre blessé, les jeunes se serrent les uns contre les uns pour échapper à une mort certaine. Photo @DolphinProject

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