Un pneu pour Tina

Tina

Tina, l’éléphante

26 juillet 2004

Un pneu pour Tina

Cette semaine, au Sanctuaire des Éléphants du Tennessee, Tina, une éléphante née captive en 1970 au Zoo de Vancouver, s’est éteinte au terme d’une longue maladie dont on croyait pouvoir la guérir. 

Les autres éléphants du sanctuaire ont aussitôt manifesté des émotions que nous autres humains pourrions qualifier de « deuil » ou de « chagrin », mais peut-être n’est-ce là, bien sûr, qu’une vue des choses purement subjective et anthropomorphiste….

Toujours est-il qu’un premier éléphant du groupe posa d’abord sa trompe sur le corps mort que l’on emmenait.

Puis tout à coup, Sissi, une éléphante capturée en Inde en 1969 et qui transporte sans cesse avec elle un pneu de voiture, un peu comme une poupée ou un « nounours » transitionnel, s’est lentement approchée de la tombe de Tina et y a déposé son objet préféré, à gauche du corps, juste à côté.

Sissi n’avait jamais voulu se séparer de son pneu depuis ses premières et terribles années de solitude au zoo. Mais elle n’est pas allé le reprendre ensuite. Elle l’a laissé là pour toujours auprès de son amie morte, comme le cadeau le plus cher qu’elle pouvait lui offrir.

Ce geste symbolique et profondément émouvant suscite des questions essentielles quant à l’idée que les éléphants se font de la mort… et de la vie.

Transmis par Mark Bekoff

Sissi, celle qui posa le pneu

Le pneu de Sissi, à gauche de l’image


Le monde mental des éléphants