Zoochose et stéréotypies, cette folie qui frappe les animaux du zoo

Zoochose et stéréotypies, cette folie qui frappe les animaux du zoo

Zoochose et stéréotypies, cette folie qui frappe les animaux du zoo partout dans le monde, n’épargne que peu d’espèces détenues en captivité, même si ses plus spectaculaires victimes sont les ours polaires, les éléphants ou les grands  singes.  
Cette souffrance psychique peut se manifester de différentes façons par le biais de certaines attitudes aisément reconnaissables.
Celles-ci, de type obsessionnel et répétitif, sont dès lors qualifiées de « comportements stéréotypés ».
Un grand nombre d’espèces, tant celles qui sont nées en captivité que celles qui ont fait l’objet d’une capture en milieu naturel, peuvent présenter de tels troubles.

Les animaux ont évolué au cours des millénaires et leurs traits physiques, physiologiques et comportementaux sont spécifiquement adaptés à leur habitat naturel.
Cependant, la vie en captivité diffère considérablement de la vie à l’état sauvage. L’espace, les interactions sociales, le régime alimentaire, le climat, la présence d’êtres humains et bien d’autres aspects de leur vie peuvent être complètement étrangers à ce qu’ils rencontreraient à l’état sauvage. Les animaux en captivité ne peuvent pas choisir eux-mêmes leur environnement ou adopter les comportements nécessaires pour améliorer leur bien-être ou leur survie. Plutôt que d’avoir une vie sûre et facile en captivité, les animaux peuvent être confrontés à un certain nombre de défis auxquels l’évolution ne les a pas préparés.

Si l’environnement captif ne répond pas pleinement aux besoins spécifiques de l’animal, ou s’il impose un stress ou une frustration non naturel, il peut en résulter une détérioration de la santé physique et mentale du détenu. Cela peut se manifester par l’apparition d’une maladie physique ou par un comportement anormal, qualifié de zoochose ou psychose des zoos.

La zoochose des animaux captifs provoque des comportements stéréotypés, c’est à dire hautement répétitifs, invariants, sans fonction, tels que le balancement, les déambulations en boucle, les mouvements de tête, les auto-mutilations, le léchage excessif, etc. Ces comportements résultent de «la frustration des schémas de comportement naturels, d’une altération de la fonction cérébrale ou de tentatives répétées de résoudre certains problèmes».

Les animaux développent des comportements zoochotiques lorsqu’ils sont retirés de leurs habitats naturels.
Par exemple, ce sont surtout les éléphants enfermés dans les petits zoos en bord de routes et ceux utilisés dans les cirques qui souffrent de zoochoses. Souvent enchaînés et obligés de vivre sur des sols en béton, ces animaux ne vivent pas dans un environnement adapté pour eux.

La dislocation des unités familiales ou des meutes à des fins de reproduction est un autre facteur de stress dans les zoos, en particulier chez les espèces qui forment des groupes très soudés, tels que les gorilles et les éléphants.
On sait que les programmes d’élevage dans les zoos, comme l’EEP, déplacent les animaux d’un pays à l’autre, lorsqu’ils identifient un partenaire génétiquement adapté. Ainsi, un gorille du nom de Tom a été déplacé à des centaines de kilomètres de distance, car il correspondait bien aux femelles d’un autre zoo. Une fois sur place, le malheureux a été maltraité par les gorilles locaux et perdit un tiers de son poids. Finalement, il fut renvoyé chez lui, avant d’être à nouveau envoyé dans un autre zoo une fois qu’il fut soigné. Quand ses anciens gardiens de zoo lui rendirent visite dans son nouvel enclos, il a couru vers eux en sanglotant et en pleurant.
Les animaux sont également déplacés parce qu’un zoo possède trop d’espèces. Le site Web du zoo de Milwaukee explique sur son site Web que l’échange d’animaux avec d’autres zoos «aide à garder sa collection fraîche et excitante».

Les zoos utilisent généralement plusieurs remèdes pour traiter la zoochose chez les animaux.
L’une des solutions consiste à fournir des jouets pour distraire les animaux atteints. On peut aussi restructurer les enclos, les décorer et les élargir afin de rendre l’endroit plus propice au bien-être de l’animal. Les animaux zoochotiques sont également alimentés avec de la nourriture cachée, qu’ils doivent découvrir et extraire par eux-mêmes.
Mais la méthode la plus populaire pour masquer les symptômes de la zoochose est l’utilisation de médicaments antipsychotiques. Cette méthode est préférée par les zoos car elle est peu coûteuse et très efficace par rapport aux autres traitements. La plupart des zoos et de delphinariums donnent des médicaments tels que le Prozac et le Valium aux girafes, aux blaireaux, aux gorilles, aux ours, aux orques et aux dauphins pour les aider à faire face au confinement qu’ils supportent si mal.


Certains animaux sont plus susceptibles que d’autres de souffrir de zoochose.

«Les résultats de notre étude révèlent, pour la première fois à notre connaissance , qu’un mode de vie particulier en milieu naturel provoque une vulnérabilité accrue aux problèmes de bien-être en captivité. Notre étude révèle également les espèces qui sont intrinsèquement susceptibles de se sentir mal dans les zoos et autres établissements similaires. Les espèces montrent le plus de preuves de stress et / ou un dysfonctionnement psychologique en captivité, sont les carnivores aux territoires naturels étendus (tigre, loup, ours polaire, etc. ), ce qui est préoccupant, compte tenu des difficultés de conservation de ces espèces in situ.
L’élevage en captivité de telles espèces a donc besoin d’être amélioré, notamment en ce qui concerne l’espace supplémentaire (la taille typique d’un enclos d’ours polaire, par exemple, représente environ un millionième de sa taille minimale. Sinon, les zoos pourraient cesser d’héberger de nombreux grands carnivores et se concentrer plutôt sur des espèces qui s’adaptent mieux aux conditions de vie en captivité »

Mais au moins les « bons zoos » avec leur grand enclos échappent-ils à cette malédiction ?
Même pas ! Chez les chimpanzés, par exemple, toute forme de captivité engendre des désordres mentaux, comme le révèle une étude récente :
« Notre conclusion globale est que les comportements anormaux étaient présent chez tous les individus échantillonnés dans les six groupes indépendants de chimpanzés en captivité au zoo, malgré les différences entre ces groupes en termes de taille, de composition sociale, de logement, etc. Dans tous les cas, tous les individus avait eu au moins un comportement anormal.
Nos données permettent de conclure que, si la plupart des comportements des chimpanzés vivant dans les zoos sont «normaux» en ce qu’ils sont typiques de leurs homologues sauvages, un comportement anormal est endémique dans cette population malgré les efforts d’enrichissement. Nous suggérons qu’il est urgent de comprendre comment l’esprit des chimpanzés se comporte face à la captivité, un problème qui a des implications à la fois scientifiques et sociales ».

Les symptômes de la zoochose

Le pacing ou la marche en rond

Ce comportement est souvent manifesté par les grands félins captifs, de même que chez les ours et les éléphants.
Ces animaux se déplacent sans fin en suivant toujours le même itinéraire, allant jusqu’à poser chaque fois leurs pattes dans leurs propres traces. Ce déplacement continuel écrase toute végétation dans leur cage et lamine le sol en y laissant des pistes parfois profondes.

Balancement

Nombre de grands singes, d’ours et d’éléphants se livrent à ce comportement. On voit ainsi des éléphants se balancer de gauche et de droite ou d’avant en arrière , levant d’abord une patte antérieure puis l’autre. Ces attitudes se retrouvent également chez certains humains frappés de maladie mentale.


« Sur-toilettage » et mutilation

Les primates se toilettent souvent eux-mêmes ou les uns les autres de manière excessive.
Ceci peut être provoqué par le stress ou l’ennui. Les femelles primates vont ainsi se mettre à toiletter leur petit pour éviter un contact social dangereux avec leurs compagnons de cage, lorsqu’elle se sentent vulnérables ou menacées.
Les chimpanzés s’arrachent les poils de leur fourrure, particulièrement au niveau des avant-bras. Certains autres primates et des perroquets se sur-toilettent jusqu’au sang de manière obsessionnelle et mutilante. Quelques uns rongent leur propre queue.

Torsion du cou

Ce comportement se manifeste notamment chez les girafes, les antilopes et d’autres grands herbivores qui penchent leur cou et leur tête d’avant en arrière de manière répétée, mais aussi par les ours.

Mastication, léchage et morsure des barreaux

Les ours, les chevaux, les girafes, et d’autres animaux ont pour habitude de mordre ou de mâchouiller les barreaux de leur enclos. Les girafes d’un certain zoo ont à ce point mordillé leur porte qu’elles y ont percé des brèches par lequel le jour pénètre.

Comportement stéréotypé chez la girafe captive

Comportement stéréotypé chez la girafe captive : lécher les murs et balancer la têteLire : https://www.dauphinlibre.be/zoochose-et-stereotypies-cette-folie-qui-frappe-les-animaux-du-zoo/

Posted by Dauphins libres et dauphins captifs on Sunday, July 7, 2019


Sur-agressivité

Elle est surtout observée chez les primates et les grands félins. N’importe quelle stimulation inhabituelle, même mineure (une distribution de nourriture en dehors de heures normales, par exemple) peut déclencher des agressions violentes entre compagnons de cage. Les plus faibles sont les plus attaqués.

Comportements maternels anormaux

Ceux-ci incluent le sur-toilettage, aussi bien que le rejet du nouveau né à la naissance ou même sa mise à mort et son ingestion par la mère. Les ours polaires, les grands félins, les tigres des zoos sont bien connus pour tuer et manger leurs petits.
Par ailleurs, beaucoup de zoos enlèvent les bébés primates à leur mère afin de les allaiter au biberon, car le sentiment maternel ne s’éveille pas chez les femelles captives. Ceci pose le problème de la réinsertion de ces jeunes, élevés par l’homme, au sein d’un groupe
d’animaux de la même espèce, une fois atteint l’âge du sevrage.

Il apparaît que de nombreux primates et particulièrement les chimpanzés captifs, rejettent systématiquement leurs jeunes à la naissance.
Là où, dans la nature, la jeune femelle aura appris les gestes de la maternité auprès de femelles plus âgées du groupe et qu’elle aura été aidées par elles, en captivité, les compétences en ce domaine en sont pas acquises et la jeune mère est incapable d’élever son enfant. Cette incapacité est transgénérationnelle et se transmet de mère à fille. Sur les images qui suivent, on voit tout le groupe d’éléphants entourant May-Tagu s’éloigner du bébé Baby Q, qui mourra quelques semaines plus tard au terme de longues souffrances.

Désordres alimentaires

Les animaux captifs jouent souvent avec leur nourriture pour dissiper leur ennui.
Certaines espèces feront semblant d’attaquer et de tuer leur pitance comme elle aurait pu le faire en pleine nature. D’autres régurgitent leur repas puis le consomment à nouveau, comme les orques ou les gorilles. Certains dauphins deviennent obèses.

Coprophilie et coprophagie

Les captifs jouent avec leurs excréments  ou les mangent (chez les espèces qui ne le font pas naturellement).
Les primates en captivité peuvent aussi étaler des excréments sur les murs des enceintes et sur le verre. Ci-dessous, un chimpanzé au Zoo d’Anvers.

Coprophagie chez un chimpanzé du Zoo d'Anvers

Coprophagie chez un chimpanzé du Zoo d'Anvers Le manque d’activité peut engendrer chez les grands singes captifs des comportements aberrants comme les balancements, la coprophagie, le repli sur soi ou l’agressivité.

Posted by Dauphins libres et dauphins captifs on Tuesday, November 6, 2018

Que dire de plus, sinon l’évidence ?

Les zoos rendent fous.
Rien de plus normal. Les mêmes symptômes ont été observés chez des humains soumis à une trop longue détention ou privés de tout ce dont on prive les animaux au zoo.

D’après le dossier de Born Free
Stereotypic behaviour : Zoochosis


Le vrai visage de l’Industrie de la Captivité