Sauvés par les dauphins !

Souvent, les dauphins ont protégé des humains lors d’une attaque de requin.

Sauvés par les dauphins !

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30 octobre  2004
Nouvelle Zélande

Des dauphins sauvent 4 nageurs de l’attaque d’un grand requin blanc

L’événement s’est déroulé le 30 octobre 2004, non loin des côtes du nord-est de la Nouvelle-Zélande.
Le maître-nageur Rob Howes, sa fille Niccy âgée de 15 ans et deux autres jeunes  filles du nom de Karina Cooper et Helen Slade étaient en train de se baigner à une centaine de mètres de la plage d’Ocean Beach (Whangarei).

Tout à coup, un groupe de dauphins les a entourés en traçant autour d’eux des cercles concentriques de plus en plus rapprochés comme pour les rassembler au même endroit.

Rob Howes s’est rapidement rendu compte de la raison de ce curieux comportement : un grand requin blanc de trois mètres de long se dirigeait vers le groupe des quatre nageurs.

Protégés par ce « mur de dauphins » durant plus de quarante minutes, les nageurs ont pu ainsi se retrouver à l’abri des crocs du squale féroce et par la suite, regagner la plage sains et saufs lorsque le requin s’est enfin éloigné.

Matt Fleet, un autre maître-nageur en patrouille sur son canot, atteste par ailleurs qu’il a bien vu les dauphins qui encerclaient les nageurs et frappaient l’eau avec leur caudale pour les maintenir en place et les empêcher d’échapper à leur protection.
Enfin, la chercheuse Ingrid Visser, spécialiste des orques et des dauphins, confirme que les dauphins sont conscients du danger encouru par l’homme et peuvent venir à son secours.

Ce sauvetage d’urgence mené par des dauphins, qui constitue pourtant un phénomène assez courant, émeut cette fois pas mal de monde : près de 177 sites web et nombre de journaux en ont parlé, en ce compris le prestigieux « Times of London » qui en a fait sa Une.

Lire : « Dolphins saved us from shark »

dauphin-devore-par-requin

Les requins constituent un grand danger pour les dauphins. Ici, à Newcastle.

Notons qu’une anecdote similaire est décrite par Denise Herzing :

Alors qu’il nageait dans les eaux du Golfe du Mexique, au large de la Floride, un plongeur du nom de Wayne Grover s’est vu sollicité par un groupe de trois dauphins, deux adultes et un enfant, afin qu’il leur vienne en aide.  Le bébé était blessé par un hameçon et s’était emmêlé la caudale dans un fil de pêche qu’il traînait derrière lui.  A l’aide de son couteau de plongée, Wayne parvint à ôter le hameçon et à couper le fil mais cette opération fit saigner plus abondamment le jeune delphineau.  Celui-ci une fois libéré, tout le petit groupe s’appprêtait à repartir vers le large.
Mais voilà : attirés par l’odeur du sang, deux requins surgirent alors des profondeurs.
Le dauphin mâle revint en arrière et les chargea aussitôt en heurtant à plusieurs reprises les requins au niveau des ouïes, ce qui les fit fuir aussi vite. Plutôt que de s’en aller et de laisser le plongeur  humain seul face au requins, les cétacés ont donc estimé nécessaire de le protéger et de le tirer de ce mauvais pas dont ils étaient en partie responsables.

(D’après Denise Herzing. « Dolphin and the question of personhood » )

Pour cette chercheuse qui travaille depuis plus de vingt ans en collaboration étroite avec une même tribu de dauphins tachetés aux Bahamas, ce type de comportement démontre, s’il en était besoin, que les Tursiops s’identifient à nous de la même manière qu’un certain nombre d’Humains s’identifient à eux.
En d’autres termes, nous nous reconnaissons mutuellement en tant qu’êtres doués de raison, de langage, de conscience de soi et de sentiments. Et nous estimons donc, chacun de notre côté, qu’une vie consciente aussi précieuse vaut certainement d’être sauvegardée.

Cet intérêt expliquerait aussi la présence des dauphins ambassadeurs le long des côtes.. .et celle des humains qui tentent de les rencontrer et de les défendre avec tant de fougue !
Comme quoi, « les grands esprits se rencontrent », les gros cerveaux aussi… même quand ils sont d’espèces différentes !


 26 novembre 2004

Triste nouvelle pour les dauphins sauveurs de Nouvelle Zélande

Dept of Conservation officer Richard Parish with one of the dead dolphins. Picture/Michael Cunningham

Une mort horrible pour seule récompense !

Deux dauphins sont morts noyés dans des filets de pêche à Whangarei Harbour, en Nouvelle Zélande.
On craint qu’il ne s’agisse de membres du « pod » de dauphins sauveurs qui avaient empêché un grand requin blanc d’attaquer quatre nageurs il y a trois semaines, au même endroit.

André Heughebaert


Histoire de dauphins sauveurs

 

Juin 1992

La Méditerranée est paisible au large de Collioure.
Du fond de la baie protégée par les remparts, le petit Alexis scrute la surface de l’eau. De tout son cœur il appelle son amie. Une nageoire dorsale fend les vaguelettes et Dolphy rejoint le petit homme qui l’attend. Elle le connaît bien. Leurs jeux sont emplis de secrets.

Déjà hors du temps et sourd aux recommandations habituelles de sa mère, l’enfant s’élance. De spirales en pirouettes, les deux complices ont tôt fait de traverser la baie et de rejoindre le phare, dernière limite avant l’océan.
Dolphy veille.

Les heures passent, lentement pour la mère qui arpente la plage de long en large. Vite pour l’enfant pris dans le tourbillon de la vraie Vie. Les cris d’angoisse et de joie se mêlent de concert dans le vent qui les étouffe pour que dure le rêve. La mère lance un dernier cri d’amour à la dauphine, lui demande de lui ramener son enfant.

Dolphy cale délicatement sa nageoire dorsale sous un des bras d’Alexis pour l’aider sur le chemin du retour. Arrivée à la plage, elle dépose son compagnon de jeu aux pieds de sa maman.

16 octobre 1993

Jean-François Colombier quitte le port du Conquet à bord de son zodiac « Sillinger » long de 4 m 30. Il est accompagné de Julien, son fils de seize ans, et de Patrick, un ami. Tous trois choisissent de mettre le cap vers l’ouest et d’aller pêcher des coquillages sur les bancs de sable situés au sud de l’île de Lystiry aux hauts fonds rocheux. Il est neuf heures du matin et le soleil est au rendez-vous. La marée est basse et l’île Benigent laisse entrevoir sa crête.
Jean-François a oublié de prêter attention aux prévisions météorologiques qui annonçaient le matin même la levée d’un vent du nord-est en début d’après-midi.

Pendant deux heures les hommes pêchent crabes et coquillages sans lever la tête. Trop préoccupés, aucun ne remarque que le vent a forci et que la mer a viré au vert, ce qui laisse présager du mauvais temps pour les heures à venir. A midi ils réalisent leur insouciance alors qu’ils décident de rentrer.

La récolte a été bonne mais la mer est démontée et blanche d’écume. Le nœud marée-vent fait opposition à leur retour. Des vagues de quatre mètres de haut les placent face à un phénomène de barre que le zodiac ne pourra surmonter sans dommages ni risques pour les hommes. La marée monte très rapidement et ils doivent se décider au plus vite.

Ils choisissent de tenter de rentrer par le sud pour échapper aux rochers. Perdu en plein milieu de la tempête, le zodiac est aspiré jusqu’au sommet de chaque lame qui lui fait face. Il retombe ensuite brusquement dans le creux de la vague. Le système auto-videur ne suffit plus à évacuer les énormes paquets d’eau que le zodiac embarque sans discontinuer. Le moteur s’emballe. Jean-François décide de faire une pause pour l’économiser et tenter de faire le point. A tout moment ils risquent de chavirer.

Son attention est soudain attirée par un groupe de dix grands dauphins de l’Atlantique surgis de nulle part. Ils viennent d’émerger par le travers arrière. Ils ne semblent nullement inquiétés par la tempête qui fait rage. Ils donnent même l’impression à Jean-François de vouloir jouer! Or il n’en est rien.
Les dauphins nagent en cercles de plus en plus serrés autour du zodiac. Soudain, quatre d’entre eux se détachent du groupe. Par de puissants coups de caudale, ils coupent la route aux hommes. Deux des dauphins se placent ensuite à l’avant du zodiac. Les deux autres se collent respectivement de chaque côté, l’empêchant ainsi de chavirer! Les trois hommes sont médusés et ne disent mot !
A chaque fois qu’ils retombent dans le creux de la vague, Jean-François craint que les dauphins ne soient blessés.

Mais non ! Ses protecteurs sont fidèles au poste et font preuve d’une aisance ainsi que d’une détermination qui lui coupent le souffle.
Il décide de mettre le cap au nord-est pour remonter vers le Conquet par le chenal du Four, au risque de se heurter aux rochers. Sentant le danger, les dauphins l’entendent autrement et ne lui laissent pas le choix de la direction ! Ils exercent une forte pression sur le côté gauche du zodiac pour le contraindre à s’orienter vers le sud où le port le plus proche est à vingt kilomètres…

Pendant une demi-heure les cétacés escortent les trois hommes
jusqu’à la pointe de Saint-Mathieu où le vent retombe brusquement. Les quatre dauphins se détachent et disparaissent aussi mystérieusement qu’ils étaient apparus.
En milieu d’après-midi le zodiac rejoint le Conquet après avoir longé la falaise. Les hommes sont épuisés. Jean-François sait qu’ils doivent aux dauphins d’avoir la vie sauve.

Mais qui voudra le croire !… « J’ai l’habitude de côtoyer des dauphins quand je pêche, me confiera t’il, mais là je me suis vraiment senti impuissant et ridicule! J’ai fini par en parler parce que j’ai pensé que mon histoire amènerait un peu de gaieté dans ce monde où on ne parle que de massacres et de guerres. »
Sa reconnaissance pour les dauphins qui l’avaient sauvé était profonde et sincère. Son désir était désormais de les retrouver dans un contexte moins périlleux afin que le jeu puisse cette fois être de la partie.

Août 1994, 17 h 00.
Tara et Tanguy sont un peu crispés à la barre de leur voilier de 7 mètres de long.

Ils voguent vers l’île de Sein mais une brume épaisse contrarie leur visibilité de façon inquiétante. Ils sont fatigués d’avoir navigué toute la journée et brûlent d’impatience de voir briller le phare, signe de la proximité du petit port qui abritera leur sommeil.

Ils savent que les rochers abondent dans ce coin mais ils ne parviennent pas à les voir. Moment de panique pendant lequel
ils craignent d’aller s’y fracasser tant ils doutent de leur route. Tara n’a jamais vu de dauphins. Ceux qu’elle voit malgré la brume surgir de chaque côté du bateau lui font pousser des cris de joie… et peut-être aussi de soulagement. Ils ne sont plus seuls.

Une dizaine de dauphins glissent le long du bateau jusqu’à l’étrave. Peu leur importe la brume! Ils passent et repassent de l’avant à l’arrière. « Je me suis sentie guidée, protégée » me confiera Tara.

« Ils fonçaient dans une direction bien précise, nous obligeant à les
suivre en collant au bateau. Ce qu’on avait pris pour un jeu au départ n’en était pas un ! Ils nageaient en faisant beaucoup de zigzags et faisaient parfois des bonds de trois mètres sur les côtés du bateau comme pour nous surveiller ! Ils nous ont accompagnés jusqu’à l’entrée du petit port et sont repartis. »

Lorsque Tara et Tanguy reprennent la mer le lendemain matin, les dauphins sont au rendez-vous à la sortie du port. La brume de la veille a cédé la place à un ciel d’azur. Pendant une heure et demie ils vont accompagner le bateau, mais avec un comportement beaucoup plus gai.
« On était heureux de les retrouver et de pouvoir leur dire merci de nous avoir sauvés ! » dit Tanguy. « C’est à croire qu’ils nous attendaient ! Cette fois on a vraiment senti qu’ils voulaient jouer. Ils sifflaient sans relâche, nageaient dans l’étrave en se tournant de côté pour nous regarder ! De part et d’autre du bateau ils bondissaient à trois mètres de haut en faisant des sauts périlleux Ils éclataient de joie. C’était la fête, la grande éclate autant pour nous que pour eux! On était trop fascinés pour penser à se jeter à l’eau. D’ailleurs ça aurait peut-être tout gâché. Comme ça, ils gardent leur mystère.. »

1991
Au Bangladesh, le Ministère de l’Environnement fait état d’un bébé sauvé de la noyade par un dauphin.
Celui-ci l’a maintenu hors de l’eau en le tenant dans son rostre pendant trente kilomètres jusqu’à Chokoria où l’enfant a été retrouvé, puis hospitalisé.

Ces histoires d’hommes et de dauphins n’ont rien d’étrange ni d’exceptionnel.
Elles témoignent d’une grande leçon pour l’humanité et invitent à retrouver une lucidité que nos rêves ont effacée. Le monde des dauphins n’est que générosité, spontanéité et joie de vivre. Le passé et le futur n’y ont pas de place. Seule compte la jouissance de l’instant présent. Un monde ouvert où règnent la confiance et la non-violence.

Les dauphins sont les princes de la mer. Ils sont la Force de Vie. Ils nous apprennent la Dignité, la Patience, la Simplicité, l’Humilité, la Tolérance, la Fraternité, la Compassion, l’Amour Inconditionnel, l’Harmonie avec la Nature, le Respect du Temps qui passe.
Qu’avons-nous à leur apprendre ?…

Extraits de l’ouvrage de
Murielle Teyssier

« Des dauphins et des Hommes »
paru aux édition Amrita en 1996

En milieu naturel les cétacés – ici des dauphins de rivière – viennent en aide à leurs malades ou à leurs blessés et jamais ne les abandonnent.

 

Pour en savoir plus

Sissy saves drowning woman
Dolphins to the rescue (ou comment des dauphins viennent en aide à ds globicéphales échoués en 1983)

Un dauphin vient demander de l’aide à un plongeur


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