Pairi Daïza, le paradis des éléphants ?

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Le bain des éléphants en 2013

Pairi Daïza, le paradis des éléphants ?

 

TOUT EST PARTI D’UN REVE

Jadis, il n’y avait là que les ruines d’un château et d’une abbaye.
En 1993, Eric Domb, qui devint par la suite président de l’Union Wallonne des Entreprises puis Wallon de l’Année, y créa le parc Paradisio. Il y eut d’abord de grandes volières. Puis des poissons rejoignirent les oiseaux (Nautilus 2001), suivis en 2002 par les singes écureuils (Madidi Islands), les lémuriens (Nosy Komba), les phoques à fourrure (Algoa Bay) les rapaces dressés pour les shows, les girafes et enfin, en 2009, les éléphants du Royaume de Ganesha, tandis que le parc changeait de nom et devenait Pairi Daiza.
Des fauves ne tardèrent pas à s’ajouter à la collection et bien d’autres espèces animales.
Depuis le 23 février 2014, le domaine accueille deux  grands pandas loués par la Chine pour une durée de quinze ans. Lors de sa venue en Belgique le 30 mars 2014, le président chinois a d’ailleurs visité les «jardins de Chine» de Pairi Daiza en compagnie du Roi des Belges et d’une volée de ministres.
Durant l’année 2015, Pairi Daiza a battu un nouveau record de fréquentation en accueillant 1,767 million de visiteurs soit une augmentation de 27 % par rapport à l’année précédente s’expliquant grâce à une météo très favorable pendant cette saison touristique, la politique d’embellissement du site et par la naissance de la petite éléphante Nang Faa.
Courant 2016, des gorilles et des orangs-outans sont attendus.
Et ensuite ?

 

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Deux capybaras en 2007 au « Parc Paradisio ». Photo YG

Les ruines abandonnées se sont donc transformées en un immense succès commercial.
Un succès d’autant plus mérité, semble-t-il, qu’il a été porté par un rêve de son créateur, celui de fonder un véritable «zoo du futur ». Un zoo qui serait respectueux du bien-être de ses animaux tout autant que de l’éducation de son public, dans le cadre d’un superbe environnement.
Selon Gaia, le parc Pairi Daiza est l’un des mieux tenus de Belgique. Il est celui qui offre le plus d’espace à ses animaux. C’est également l’avis de politiciens locaux et de certains de nos ministres, enthousiastes devant l’expansion de cette entreprise génératrice d’emplois. Enfin, les familles s’accordent à apprécier ce très beau parc aéré, magnifiquement décoré, où les les détenus semblent en effet plus heureux qu’ailleurs.

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Fauconnerie à Pairi Daiza

Est-ce vraiment le cas ?
Oui, sans doute, lorsqu’on compare la plupart des petits zoos – en ce compris celui d’Anvers-  avec l’immensité du parc de Brugelette. Mais indépendamment des qualités de Pairi Daiza, ce superbe domaine reste un zoo, fermé par une enceinte et composé de cages, d’aquariums et d’enclos, c’est à dire d’espaces confinés où des animaux sont regroupés par la volonté de l’homme et totalement dépendants de lui dans tous les domaines de leur existence.
Un zoo, sauf à devenir un sanctuaire naturel sans contact avec le public, c’est une prison où l’on tourne en rond parce qu’il n’y a rien à faire, où la vie sociale est étriquée et où l’on subit diverses manipulations et transferts qui parfois se révèlent fatales.
Dans le cas des éléphants, il est évident que ce n’est pas la reproduction ex-situ qui va sauver l’espèce.
En outre, comme l’orque ou le dauphin, l’éléphant est « trop intelligent que pour être captif », pour paraphraser la neurobiologiste Lori Marino.


Vendredi 6 Novembre 2015

Sauver les éléphants de cirque ?

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Le Cirque Knie

« Pairi Daiza est très heureux de vous annoncer l’arrivée, ce matin, de deux  magnifiques pachydermes – une éléphante d’Asie et une éléphante d’Afrique, – en provenance d’un cirque suédois, afin qu’elles puissent profiter d’une retraite heureuse à Pairi Daiza.

Daela, l’éléphante d’Afrique, a 28 ans. Dunja, l’éléphante d’Asie, a 47 ans et pèse plus de 5.000kg, ce qui en fait la plus grande éléphante  d’Asie en Europe.
Les éléphantes ont été placées, momentanément, en quarantaine, dans notre  bateau, le Mersus Emergo. Cette quarantaine sert à éviter que ces pachydermes ne transmettent d’éventuelles maladies à leurs congénères. Si tout se passe bien,  elles seront visibles du public dès ce samedi.

L’arrivée de Daela et Dunja porte à 18 le nombre d’éléphants de Pairi Daiza (15 asiatiques et 3 africains).
Pairi Daiza abrite, de ce fait, le plus grand troupeau d’Europe d’éléphants. A terme, l’objectif est de réintroduire Daela dans le groupe d’éléphants d’Afrique et Dunja dans celui d’éléphants d’Asie.

Pour rappel, trois éléphantes sont arrivées il y a peu à Pairi Daiza, en provenance d’un cirque allemand : Maia (41), Deli (41) et Laika (39). Elles résident maintenant dans la nouvelle “Réserve des éléphants”. Il s’agit là d’un souhait de la direction : proposer un refuge aux animaux de cirque.

En 2010, l’éléphante d’Afrique, Suzy (27), a été transférée du zoo gantois Harry Malter et en 2013, Gitana (29) a été confiée à Pairi Daiza par les autorités allemandes , car il apparaissait que son bien-être n’y était pas respecté.
« Lorsque nous avons annoncé notre volonté de sortir de bourse, nous avons annoncé que Pairi Daiza allait, dans les années à venir, parallèlement au développement de ses jardins, investir un montant significatif dans des projets à but non lucratif, notamment au travers de la Pairi Daiza Foundation, qui œuvre au bien-être des animaux. Offrir un refuge aux éléphants, qui pourront couler des jours paisibles, après avoir travaillé dur toute leur vie dans des cirques, s’inscrit notamment dans cette philosophie.
Economiquement parlant, Pairi Daiza n’a aucun intérêt à agrandir son troupeau d’éléphants : nous avons déjà plusieurs éléphants à montrer à nos visiteurs et le nourrissage et les soins d’un éléphant coûtent relativement cher. Mais en tant qu’amoureux de cet animal si sensible et intelligent, je me devais d’offrir un refuge au plus grand nombre possible d’éléphants qui ont été condamnés à passer la plus grande partie de leur vie dans 
des cirques. En fait, mon rêve est de faire de Pairi Daiza le plus grand centre d’accueil d’Europe pour anciens éléphants de cirque», déclare Eric Domb, fondateur de Pairi Daiza.

COMMENTAIRE

Voilà une décision louable ! Mais pourquoi ne pas s’associer alors au beau projet Elephant Haven en Dordogne ?
Le domaine est situé dans un parc calme, à savoir le Parc Naturel Régional Périgord Nord, un terrain légèrement ondulé. 28 hectares de terre agricole avec la possibilité d’acheter le terrain limitrophe dans l’avenir. Dans le Limousin,  le climat sera plus favorable aux éléphants qu’en Belgique et ceux-ci encore plus nombreux. Le rêve ne serait pas de réussir à créer une harde unique (15 éléphants) mais trois ou quatre en regroupant tous les éléphants des zoos en perdition et des cirques.

Il faudra également éviter à l’avenir que Pairi Daiza ne rende au cirque les éléphants qu’il a recueilli.
«Claudy et Sandri sont retournées chez elles, en Suisse, après trois ans passés à Pairi Daiza. C’était prévu puisque Sandri nous avait été confiée afin de devenir maman… mission réussie : elle attend un petit pour novembre. Le transport s’est déroulé au mieux et nous vous tiendrons bien sûr informés de la future naissance du bébé de Sandri.  Rappelons que la mobilité des éléphants est recommandée le cadre des programmes européens de sauvegarde de cette espèce menacée qu’est l’éléphant d’Asie (dans un souci de préservation de sa diversité génétique) ».
« Chez elles », c’est le Cirque Knie, un cirque si plaisant que l’éléphante Shambu a tenté de s’en échapper par deux fois…
Quant à la mobilité des éléphants, si elle est bien prévue par les programes européens de reproduction, elle provoque aussi de tragiques séparations…


 

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20/05/2015

Naissance d’un éléphanteau à Pairi Daiza

« La naissance s’est produite avec douze jours d’avance sur la date estimée (qui était le 31 mai).
La mise bas a été très rapide (45 minutes), puisque la première contraction a été observée à 2h38. « Le bébé s’est relevé au bout de 7 minutes », a observé le Dr. Vétérinaire Tim Bouts, « la mise bas s’est parfaitement déroulée ». Le bébé pèse à vue d’oeil – il n’a pas encore été pesé car il reste près de sa maman – entre 90 et 100 kg. Pour la même raison (grande proximité entre la maman et le bébé), le sexe de l’éléphanteau n’a pas encore été déterminé. Il est encore trop tôt pour oser un pronostic positif mais les premières observations font état d’un bébé qui semble en bonne santé, d’une maman très attentive à son petit et d’un groupe très soudé autour du bébé. Naturellement, il faut rester prudent, une naissance est toujours un moment délicat et un bébé reste fondamentalement fragile dans les jours suivants la naissance. Nous croisons les doigts…

Le bébé est né au milieu du troupeau.
Ce troupeau se compose de Khaing Hnin Hnin (grand-mère du bébé, 32 ans), de Farina (maman du bébé, 11 ans), de Soraya (sœur de Farina, 4 ans, ), Malay (sœur de Farina, 2 ans) et Amithi (première fille de Farina, 2 ans). Ces cinq éléphantes étaient arrivées du zoo de Hanovre à l’automne dernier. Le père du bébé (Nikolai) se trouve toujours à Hanovre. Pairi Daiza héberge donc à ce jour quatre éléphanteaux, ce qui promet de nombreuses facéties en famille !

Il s’agit de la première naissance d’un éléphanteau à Pairi Daiza.
Après la perte de l’éléphante Ani en 2013 qui avait profondément affecté toute l’équipe de Pairi Daiza, cette naissance est vécue avec une immense joie. L’éléphant d’Asie est une espèce menacée de disparition et chaque naissance est un miracle. Il resterait moins de 40.000 éléphants d’Asie encore en vie sur notre planète. Pairi Daiza participe activement au programme européen de sauvegarde et protection des éléphants d’Asie. Pairi Daiza finance en outre la recherche contre le virus de l’herpès particulièrement meurtrier pour les éléphanteaux. Ce financement sera à l’avenir soutenu par la future Pairi Daiza Foundation« . (Communiqué du parc)

Cette naissance porte à onze le nombre d’éléphants d’Asie hébergés à Pairi Daiza.
Le parc ouvrira d’ailleurs dans les semaines qui viennent un tout nouveau territoire baptisé «La réserve des Eléphants» qui aura une superficie de 3,2 hectares et se trouvera adossé extra-muros à Pairi Daiza. Il s’agira d’un des trois plus grands territoires pour éléphants d’Europe. Deux éléphantes d’Afrique vivent aussi à Pairi Daiza ».

(Communiqué du parc)

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Farina et son enfant à Pairi Daiza

COMMENTAIRE  

On s’étonnera que le parc se préoccupe davantage d’une maladie affectant prioritairement les éléphants captifs, plutôt que d’aider à la lutte contre les braconnage en Afrique, autrement plus dévastateur.  Et l’on notera aussi le fait que la Fondation Pari Daiza est de création extrêmement récente, pour ne pas dire réactionnelle face à des critiques récurrentes.  Jusqu’ici, Eric Domb s’est davantage préoccupé de visiter les zoos du monde entier à la recherche de quelque animal rare que de soutenir  les associations de terrain qui lutte au pied à pied contre la destruction de la nature sauvage.
Mais la nature sauvage est l’ennemie des zoos.  Plus on la détruit, plus leurs collections d’animaux épinglés dans des cages ont de la valeur et rassurent les clients. Et les zoos n’aident pas la nature sauvage, comme le prouve la commande toutes récentes d’éléphants sauvages capturés au Zimbabwe par la Chine et les USA.


 

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Les éléphants de Pairi Daiza en 2013

Depuis 2009, le parc Pairi Daïza (Paradisio) a possédé 14 éléphants.
8 d’entre eux sont encore vivants en juillet 2013. 4 sont décédés. Aucune naissance n’a eu lieu. Une mère et sa fille enceinte ont été remises au Cirque Knie.
De tous les zoos de Belgique, c’est donc celui qui dispose à ce jour du plus grand nombre d’éléphants.

(En 2016, le parc en comptait 18) 


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ELEPHANTS D’ASIE

En juillet 2013, Pairi Daiza détenait 6 éléphants d’Asie


Rani
est une femelle née en Birmanie en 1982.
Agée de 32 ans, elle a été livrée au parc hennuyer par le Cirque Knie en novembre 2012. Les services d’un trafiquant notoire, Frans van den Brink ont été requis lors de son transfert en Europe, à l’époque où la junte miliaire birmane couvrait les producteurs d’héroïne du Triangle d’or et expédiait à tout de bras ses éléphants vers nos zoos, assurant près de 80% de leur l’approvisionnement. Sur sa page Facebook, le parc présente Rani en ces termes :  » Une nouvelle éléphante, la majestueuse Rani, vient d’arriver à Pairi Daiza. Elle nous est confiée par un jardin zoologique suisse afin qu’elle puisse connaître la joie d’être maman ». Autrement dit, dès qu’elle sera enceinte ou qu’elle aura accouchée, Rani repartira donc sans doute vers le « jardin zoologique » dont elle provient. Et qui est mieux connu sous le nom de « Circus Knie ».
Rani présente des cicatrices bien marquées à l’oreille. Au bout de quelques années de cirque, les coups de hook laissent forcément des traces.

Mala est une femelle née en Inde en 1964.
Agée de 49 ans, elle a été livrée à Pairi Daïza par le Zoo Carl Hagenbecks Tierpark (Stellingen), en date du 4 juillet 2012. Ce zoo l’avait acheté au trafiquant Georges Munro. Mala ne s’entendait plus avec certaines de ses compagnes à Hambourg. Des conflits entre matriaches adviennent parfois au zoo. Comme il n’existe pas d’endroits où fuir, on doit les séparer.  Bombay fut ainsi expédiée à Amiens, où elle mourut dans d’affreuses circonstances. Elle ne pouvait pas supporter Dumbo au Zoo d’Anvers. La « mobilité » nécessaire au renouvellement génétique des « spécimens » encagés – pour la sauvegarde de l’espèce, bien sûr ! – ne va pas sans poser parfois de graves problèmes émotionnels.

Po Chin est un mâle né captif le 18 juillet 2000 au Chester Zoo (Royaume Uni), des oeuvres de Chang (actuellement à Planckendael) et de Jangolie. C’est à ce zoo que Birma, l’éléphante de Maubeuge, a été livrée à son corps défendant.
Po Chin, lui, est arrivé à Pairi Daïza le 19 avril 2010 au terme d’un long séjour au parc de Bellewaerde. L’actuel « soigneur » des éléphants de Bellewaerde, Alan Roocroft – qui a exercé ses compétences dans bien d’autres zoos d’Europe – n’hésite pas à affirmer que «lorsqu’il faut administrer une punition à un éléphant, celle-ci doit être assez puissante et faire usage de coups porté à l’aide d’un outil lourd afin que la douleur soit bien ressentie. C’est pourquoi la manipulation des éléphants demande la présence d’une équipe importante – de huit à dix personnes – pour pouvoir surmonter la force de l’éléphant lui-même ». (PETA)

Aye Chan May est née en Birmanie le 13 août 1995.
C’est la maman de Khin Yadanar Min , le cadet de la bande. Ce jeune mâle est né captif au Zoo de Cologne le 27 juillet 2009, des oeuvres de Bindu et de Aye. Il a donc accompagné sa maman à  Pairi Daïza le 11 juillet 2013. Rappelons qu’en 1984, Bindu, son père, a tué le dresseur Mark Aitken, après l’avoir saisi par la trompe et lui avoir écrasé la tête contre un rail en métal. Bindu avait alors 13 ans. L’âge de Po Chin.

Enfin, il y a Valentino, un jeune mâle né captif en 2004 au Taman Safari Indonesia (Bogor Zoo). Il est arrivé à Pairi Daïza le 18 août 2009 à l’âge de 6 ans, en même temps que la défunte Ani (alors âgée de 5 ans). Leur acquisition semble avoir impliqué l’échange de 3 girafes et de 200.000 euros. Valentino, comme Ani, est un éléphant de Sumatra (Elephas maximus sumatranus). Selon l’IUCN : « Les éléphants de Sumatra devraient être gardés en captivité à l’écart des autres éléphants d’Asie et leur conservation devrait principalement s’exercer en milieu naturel ». Ani a pourtant été fécondée par un éléphant d’Asie ordinaire, Po Chin, né captif. Ceci pour les vivants.


 

Le parc a malheureusement perdu 3 éléphants d’Asie

Il y eut d’abord Sammy.
29/10/2009 : «Sammy, un éléphant du Parc Paradisio, s’est couché ce jeudi matin dans son écurie pour ne plus se relever. Depuis quelques jours, son état s’était dégradé. Mais rien ne laissait présager une issue aussi brutale, annonce un communiqué du Parc Paradisio. L’éléphant était âgé de 18 ans. Il sera transféré sous peu à l’Université de Liège en vue d’y être autopsié. Les plus grands scientifiques belges et européens compétents en la matière tenteront de déterminer les causes de ce décès inexpliqué ». Sammy avait beaucoup voyagé. Pas à pied, comme les éléphants aiment tant le faire, mais en camion.

Né captif au sinistre Zoo de Vincennes  le 27 mars 1992, il a ensuite été transféré à l’Amersfoot Zoo non loin d’Amsterdam, pour passer ensuite au Rotterdam Zoo (où le taux de fécondité paraît plus élevé) et puis enfin à Pairi Daiza.
Il y avait de quoi être épuisé, même si la durée de vie des éléphants d’Asie est en moyenne de 60 ans, voire 80 dans de bonnes conditions. Il fut le premier à poser sa patte sur le sol de Brugelette.

 

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Sammy

 

Puis il y eut Ani.
Agence Belga, 23 mars 2013 : « Ani (Annie), un éléphant femelle de 7 ans hébergée au parc Pairi Daïza de Brugelette, est morte la nuit passée. Elle  refusait de s’alimenter depuis dimanche dernier.  Ani avait mis bas début mars d’un éléphanteau mort-né ».

En fait, il semblerait plutôt qu’Ani ait subi une opération chirurgicale maladroite, destinée à lui retirer du ventre le cadavre de son enfant.
En milieu naturel, les éléphantes d’Asie ne se reproduisent pas avant l’âge de 15 ou 16 ans (Shoshani and Eisenberg, 1982). Ani n’avait que 7 ans et son bassin n’était donc sans doute pas assez large pour accoucher normalement.  Ani est donc morte 4 ans après son arrivée en Belgique, le 18 août 2009. Elle fut autopsiée et on lui construisit un palais posthume.
Comme Valentino, elle provenait du Taman Safari Indonesia (Bogor Zoo) où elle était née le 16 mai 2005.

 

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L’autopsie d’Ani. Photo R.M.

 


 

ELEPHANTS D’AFRIQUE

En juillet 2013, Pairi Daiza détenait 2 éléphants d’Afrique

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Gitana

 

Gitana (Schitana) est née libre en Afrique à une date inconnue (?). Elle est arrivée en Belgique le 8 mai 2013.
Gitana survivait auparavant sous la tente du Circus Schollini de Jonny Weisheit. Cet homme a été condamné à 1 an et 7 mois de prison, le 7 octobre 2000, pour avoir détenu des éléphants de manière illégale. Gitana, dont l’âge estimé est de 27 ans, fut confisquée puis remise à Pairi Daiza.

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Gitana au Cirque Schollini

Son mode de dressage fut donc celui des cirques, le « contact libre ». Coups de hook, chaînes et punitions. Son comportement stéréotypé semble indiquer qu’elle en a gardé des traces, malgré son vaste enclos. En juillet 2013, son sort est à nouveau aux mains de la justice. Repartira-elle pour un nouveau tour de piste ? Un communiqué de presse récent a de quoi faire craindre le pire : « Le 18 juin 2013, une dizaine de personnes appartenant au cirque allemand Weisheit se sont rendus au parc animalier Pairi Daiza avec un camion, dans le but de récupérer l’éléphante Gitana. Celle-ci leur avait été confisquée par les autorités allemandes en mai dernier.

Le tribunal de grande instance de Kiel avait officiellement cédé la propriété de Gitana au parc hennuyer le 3 juillet dernier. Les anciens propriétaires s’y sont présentés vendredi matin, « en brandissant ce qui ressemble à un jugement, daté du 12 juillet, émanant du même tribunal allemand », précise le communiqué. « Alerté par nos soins, le magistrat qui nous avait confié Gitana nous a déclaré ne pas être informé de ce jugement. »
L’éléphante est donc toujours au parc de Brugelette, dans l’attente d’éclaircissements. Le communiqué de Pairi Daiza affirme que les autorités allemandes seraient en contact avec la police belge pour éviter que le cirque d’Hardy Weisheit n’importune le parc.

Gitana, une éléphante d’Afrique de 27 ans, avait été saisie le 8 mai dernier par les autorités allemandes, car ses conditions de vie ne respectaient pas la législation de ce pays. Pairi Daiza avait été désigné pour accueillir l’animal et Gitana y avait rejoint le jour-même Suzy, une autre éléphante d’Afrique ». A la date du 27 juilet, nous étions toujours sans nouvelles de l’affaire.


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Le Zimbabwe continue à exporter de jeunes éléphants pour les cirques et les zoos en 2016


Suzy
est une femelle née libre en 1988, au Zimbabwe.

Arrivée à Pairi Daïza le 28 août 2010, elle appartenait au Harry Malter familypark (Gand). Sa compagne Chamba étant morte, on l’amena donc dans le Hainaut. Gitana vint la rejoindre ensuite. Susy a été la vedette de la Foire de Libramont, aux côtés d’un cheval de trait. Elle aurait été dressée selon la technique du « hands on ». (voir ci-dessous)

 


 

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Mausi

Avant elle, il y avait eu Mausi.
Née libre en Afrique aux alentours de 1986, sa mère et toute sa famille avaient été tués lors d’une opération « nettoyage » (culling) au parc Kruger, en Afrique du Sud. Le bord de ses oreilles avaient gelé lors de son transport en Europe, alors qu’elle n’avait qu’un an. Atteinte d’une sévère zoopsychose, elle avait survécu au Circus Voyage (Alois Spindler).
Trop petite, à demi-folle, sa vie ne fut que souffrances. Elle mourut quelques jours après son arrivée en Belgique, le 17 janvier 2012.

« L’éléphant promis à Pairi Daiza n’a pas supporté le transfert » « En ce début d’année, le carnet n’est pas rose, hélas, au parc animalier Pairi Daiza à Brugelette. Alors que le parc prépare sa nouvelle saison touristique, la direction doit déplorer le décès d’une éléphante d’Afrique. Les visiteurs n’auront pas eu le temps, certes, de s’attacher à Mausi, pas plus que Suzy qui se réjouissait de partager son enclos avec une congénère du même sexe. Les responsables du domaine de Cambron-Casteau étaient tout aussi impatients à l’idée de voir débarquer ce nouveau pachyderme en provenance d’un cirque allemand. La santé déclinante du mastodonte avait conduit son propriétaire à lui offrir un repos bien mérité au cœur des infrastructures de Pairi Daiza où il a débarqué en début de semaine. Très affaiblie, Mausi a rendu son dernier souffle quelques heures après avoir posé ses énormes pattes sur le sol brugelettois.  « Le vétérinaire attitré était pourtant optimiste quant à son transfert. Il avait délivré tous les certificats nécessaires autorisant son transport par camion », insistent les gestionnaires du parc.

Le trajet semble avoir eu raison des dernières forces de l’éléphante qui, dès son arrivée, a montré d’inquiétants signes de faiblesse. « Mausi ne parvenait pas à se tenir debout. Malgré les soins constants prodigués par nos équipes de vétérinaires et de soigneurs, l’animal n’a pas survécu ».

Au terme d’une longue et éreintante carrière sous les chapiteaux, le pachyderme souffrait notamment d’arthrose aux pattes arrière. Victime de son poids, un éléphant peut voir sa santé décliner en quelques heures. « Son corps sera autopsié car nous voulons comprendre les causes précises de cette issue fatale ». Malgré le chagrin et la déception, Eric Domb et son équipe ont d’ores et déjà promis de tout mettre en œuvre pour que «la belle Suzy ne demeure pas seule éternellement ».

Promesse tenue, puisque Gitana l’a rejointe. Mais pour combien de temps ?

 

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Suzy et Gitana en 2013

 


 

DU CIRQUE AU PARC ET RETOUR

Sandry est une éléphante asiatique âgée 14 ans. Née au Circus Knie le 27 novembre 1999, elle fut confiée au Parc Pari Daiza le 18 mars 2009. Quel enthousiame dans la presse lorsqu’elle tomba enceinte !

« Pairi Daiza: deux naissances d’éléphanteaux attendues en 2013
Deux éléphantes du jardin zoologique de Pairi Daiza attendent un petit. L’éléphante Ani, 7 ans, devrait mettre son premier bébé au monde en mars 2013.  Sandri, 12 ans, devrait pour sa part mettre bas en novembre 2013. Le futur papa des deux petits se nomme Po-Chin. Pour ces deux éléphantes, il s’agit d’une première grossesse. Les naissances comportent donc un certain risque. Ani et Sandri seront donc encadrées par les vétérinaires et experts scientifiques de Pairi Daiza et par les autres éléphantes expérimentées de leur groupe, indique un communiqué du parc. Les futures mamans seront visibles pour les visiteurs du jardin cette saison. Pairi Daiza, qui vient d’être élu plus beau Jardin zoologique de Belgique aux Diamonds Theme Park Awards, participe à un programme de sauvegarde de l’éléphant d’Asie. Ce programme vise à développer la reproduction de cette espèce dont la survie est gravement menacée ».

Sans doute. Mais l’une en est morte et l’autre est repartie vers le monde du spectacle, pour danser à nouveau sous les coups de hook du Cirque Knie.

 

Claudy est la maman de Sandry. Née libre en Thaïlande en 1963, Claudy a connu pas mal d’aventures. Elle débarque au Zoo de Zurich en 1983.  En 1990, celui-ci la vend au Cirque Knie, encore lui. Le Carl Hagenbecks Tierpark (Stellingen) l’achète en 1997.  Un an plus tard, retour au Cirque Knie où elle demeure jusqu’en mars  2009. C’est à cette date qu’elle est confiée au parc Paradisio. Est-ce la fin des soucis pour elle ? Eh bien non !  A 50 ans, on la renvoit vers son cirque, une fois encore, accompagnée de sa fille enceinte.

Le parc lui-même explique ce retour des éléphantes à l’envoyeur en ces termes :

« Claudy et Sandri sont retournées chez elles, en Suisse, après trois ans passés à Pairi Daiza. C’était prévu puisque Sandri nous avait été confiée afin de devenir maman… mission réussie : elle attend un petit pour novembre. Le transport s’est déroulé au mieux et nous vous tiendrons bien sûr informés de la future naissance du bébé de Sandri.  Rappelons que la mobilité des éléphants est recommandée le cadre des programmes européens de sauvegarde de cette espèce menacée qu’est l’éléphant d’Asie (dans un souci de préservation de sa diversité génétique). »

 

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« Chez elles», c’est le Cirque Knie

 

« Chez elles », c’est le Cirque Knie, un cirque si plaisant que l’éléphante Shambu a tenté de s’en échapper deux fois.

Des questions se posent. Ou bien Pairi Daiza recueille les éléphants de cirque pour leur offrir une vie meilleure, ou bien il se contente de rafraîchir le patrimoine génétique des éléphants captifs en Europe. Amener Rani prendre un peu l’air et se faire engrosser, renvoyer une jeune femelle enceinte et sa mère pour danser à nouveau dans l’arène du Cirque Knie, est-ce vraiment la meilleure manière de « participer à un programme de sauvegarde de l’éléphant d’Asie » ?
Le parc attend-il que ces 3 éléphantes de cirque soient complètement démolies, psychotiques et rongées par l’arthrose pour à nouveau les recueillir, à l’instar de Mausi ?


 

 

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Eléphant d’Asie en 2013. Phot YG


LE PROBLEME DES ELEPHANTS AU ZOO

A l’instar des dauphins, les éléphants sont des êtres dotés de cultures et d’une très haute intelligence. Ils honorent leurs défunts, respectent leurs aînés, prennent soin de leurs blessés et communiquent entre eux à l’aide d’un langage complexe composé d’infrasons. La captivité prive donc les éléphants de ce tout qui constitue l’essentiel de leur existence.

Alors qu’en pleine nature, ils parcourent quotidiennement des kilomètres pour se nourrir ou retrouver d’autres tribus (le territoire des éléphants d’Asie peut s’étendre sur 600 km²), les éléphants des zoos souffrent du manque d’espace, de la solitude et d’un ennui profond. Les mâles y sont le plus souvent solitaires, ce qui n’est pas le cas en liberté. Eux qui vivent normalement au sein de vastes sociétés sous la guidance d’une matriarche, se voient enfermés en petits groupes mal assortis, ce qui génère nombre de conflits mais aussi d’insondables chagrins : il arrive souvent qu’un transfert de zoo à zoo sépare à jamais des amis de longue date, sans que nul ne s’en soucie.

 

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Birma refuse de quitter sa cage

 

63% des 120 éléphants d’Asie nés captifs en Europe entre 1902 et 1992 sont morts avant l’âge de 8 ans. Seuls 44 d’entre eux, soit 37%, ont vécu assez longtemps que pour atteindre la maturité sexuelle. En 170 ans, le Zoo de Londres – qui a renoncé aujourd’hui à garder des éléphants, suite à de trop nombreux accidents – n’a enregistré qu’une seule naissance. Il s’agissait d’un bébé mort né. Le zoo d’Anvers a réussi à faire naître Kai-Mook en 2009. Ce fut la première et seule reproduction réussie depuis l’ouverture du zoo en 1887 et quelque 31 éléphants morts.

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Alexander le reproducteur

 

 

13501 éléphants d’Asie ou d’Afrique sont actuellement détenus dans 2563 zoos de 118 pays. En 2013, le nombre de naissances réussies s’est élevée à … 25 !

Malgré les terribles dangers qui pèsent sur ces deux espèces de pachydermes en liberté, du fait de l’explosion du marché de l’ivoire ou de la chasse sportive, on peut douter que celles-ci soit jamais sauvées par les zoos, du moins dans leur conception actuelle. Selon le Dr Paul Rees, spécialiste du bien-être animal à l’Université de Salford, les programmes d’élevage en captivité ne parviendront jamais à créer des populations «soutenables ».

« De nouvelles techniques (insémination artificielle de sperme prélevé en milieu naturel) peuvent augmenter les taux de natalité, mais les prévisions actuelles suggèrent l’extinction démographique de cette population captive dans les 50 ans à venir. Il serait par ailleurs difficile de justifier que l’on importe des éléphants depuis leurs réserves «durables» en Asie, afin de venir alimenter les programmes d’élevage ex situ où le succès de la reproduction est faible.

Les zoos exhibant des éléphants captifs aujourd’hui partout dans le monde devraient regrouper leurs animaux de toute urgence pour former de vastes unités d’élevage ou accepter que les éléphants disparaissent des zoos et que les fonds versés à ces parcs soient plutôt utilisés pour des projets de conservation in situ ».

 

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Afrique est un ancien du Cirque Bouglione. Il déprime ainsi depuis son arrivée

En Inde, plusieurs scientifiques, constatant que les éléphants dans les zoos «meurent plus rapidement, contractent des maladies ou souffrent d’obésité et d’arthrite plus fréquemment que dans leur habitat naturel» ont fait écho au Docteur Paul Rees.

En novembre 2012, le gouvernement indien a ordonné que tous les éléphants vivant dans les zoos et les cirques soient déplacés vers de vastes parcs animaliers, «des camps d’éléphants où ils pourront vivre plus librement, sous la protection de formateurs adaptés ».

La Belgique semble peu sensible à ces informations. Elle multiplie à l’envi de petits élevage d’éléphants africains et asiatiques en divers point de son territoire : 2 jeunes mâles au Zoo d’Anvers (été 2013), 8 à Pairi-Daiza, 7 à Planckendael, 2 au Bellewaerde park, 1 au Lochristi Zoo, 2 au Olmense Zoo et 3 au Monde Sauvage d’Aywaille.

La plupart sont gardés en « contact protégé », c’est-à-dire sans contact direct avec l’humain. Les enceintes métalliques renforcées qui cerne le vaste enclos des éléphants à Planckendael sont représentaitves de cette approche. De vagues jouets leur sont donnés, des grattoirs, des « énigmes » alimentaires à résoudre, toujours basées sur la nourriture et dont ils se lassent vite. L’ennui règne en maître, quelque soit l’espace.

A l’inverse, le « contact libre » permet de monter les éléphants, de leur faire faire des tours, des promenades ou des tâches. Il suppose un dressage sévère fondé sur les coups et la peur. Pari Daiza, on l’a vu, dresse ses éléphants selon la technique plus humaine du « hands on ».

Le Zoo de Bâle l’expérimente : « La méthode de dressage se base sur des réactions positives. Si l’animal exécute correctement un ordre (en général, l’animal touche un « Target », un bambou à l’extrémité souple), le soigneur le signale par un sifflement ou un clic et lui offre une friandise en guise de récompense. S’il n’exécute pas correctement l’ordre, il n’est pas puni. Le soigneur fait alors comprendre à l’animal que son comportement n’était pas le bon, en ne lui accordant aucune attention particulière et en ne lui donnant aucune récompense. Étant donné qu’avec le contact protégé, l’homme ne doit plus endosser le rôle « d’animal leader », la hiérarchie du groupe et les comportements naturels sont respectés et renforcés. Toutefois, pour la sécurité des soigneurs, le besoin d’espace, ainsi que les frais de construction qu’il entraîne, seront plus élevés qu’avec l’ancienne méthode d’élevage ». Cette méthode est utilisée depuis longtemps pour les dauphins ou pour les chiens.

Il n’en demeure pas moins que n’importe quel éléphant peut devenir tout à coup extrêmement dangereux.
Chaque année, 50 « mahouts » (soigneur-dresseur) meurent en Thaïlande. Les accidents au zoo sont innombrables, au point que celui de Londres n’expose plus d’éléphants depuis 2001. Les bains de foule au parc Paira Daïza donnent donc des sueurs froides à certains.

 


 

CONCLUSION

Dans un article dédié au jeune éléphant Billy (5 ans !), amené par camion d’Anvers à Amsterdam puis par avion d’Amsterdam jusqu’au Zoo de Denver, le Nonhuman Rights Project dresse un réquisitoire féroce contre ces zoos qui ne sauraient survivre économiquement s’il ne détenait coûte que coûte une collection d’éléphants.

« Le premier travail de Billy (Budi) sera de concevoir un nouveau bébé pour la collection du zoo de Denver. Et son avenir implique presque certainement qu’il sera expédié à travers le pays afin d’être loué à d’autres zoos comme un pion pour sauver leurs propres jeux d’éléphants.
De plus en plus d’éléphants captifs sont atteints de maladies cardiaques, d’obésité, d’arthrite et d’infertilité, et meurent trop rapidement pour les nouveaux-nés puissent les remplacer.

Les éléphants constituent l’une des principales attractions principales d’un zoo. Il n’est donc pas surprenant que les zoos soient soucieux de préserver leurs populations d’une disparition annoncée. Plutôt que de s’attaquer à la cause du problème, ils expédient de plus en plus d’éléphants d’un zoo à l’autre, et désormais, d’un continent à l’autre, dans le cadre d’un « programme d’élevage d’urgence ».

Billy est né en Irlande. Sous le nom de Budi, il a ensuite fait de la figuration au Zoo d’Anvers pour compenser le départ des six éléphantes vers Planckendael, avant d’effectuer un vol de 5000 miles jusqu’à Denver. Le fait que le zoo de Denver et l’Aquaria and Zoos Association aient accepté de dépenser des sommes énormes pour réaliser ce transfert indique à quel point les zoos paniquent.

Selon le Denver Post : « Billy va apporter du sang neuf et des gènes au zoo de Denver. En tant qu’étalon, il deviendra un acteur majeur au niveau mondial dans l’élevage des éléphants d’Asie et leur conservation ».

Ce journal reproduit mot pour mot la propagande de l’industrie des zoos, plutôt que de faire une déclaration sérieuse, issue de ses propres recherches. Les zoos ne sont pas une solution pour sauvegarder les éléphants dans le monde. Ils ne parviennent même pas à conserver les leurs !

L’article continue en rappelant que non seulement les jeunes sont expédiés loin de leur mère bien trop tôt avant l’adolescence, ce qui crée chez eux un déficit éducationnel potentiellement dangereux – c’est également le cas chez les orques captives – mais qu’en outre, ce jeu de chaise musical avec des animaux qui n’ont pas le choix de leurs partenaires peut avoir des conséquences désastreuses. Et de conclure par ces mots terribles : « Disons-le simplement : les éléphants n’ont pas leur place dans les zoos. Et les zoos ne font rien de sérieux pour assurer la « conservation » des éléphants, ni en milieu naturel où la population sauvage s’effondre dramatiquement, ni en captivité, où l’on peut dire désormais que l’éléphant est également en voie d’extinction ».

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Budi (Billy) et Ming Chun, 2 enfants sans mère déjà séparés. Ici, à Anvers en 2012. Kanvar a remplacé Budi en juillet 2013.


 

En savoir plus

Study Shows Elephants in Zoos Live Shorter Lives

Elephant ‘Stud’ Shipped to America

Photos et vidéos: YG/HW/RM et sources diverses

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Baby Q est mort au terme d’une longue et pénible agonie quelques semaines après sa naissance à Planckendael. Sa mère l’avait rejeté pour des raisons qui nous échappe. Cela nous rappelle la difficulté d’élever des êtres conscients, hautement intelligents et dotés de cultures en captivité

 

Le parc Paradisio en 2010

Des bélugas en Wallonie ?